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RPG Médiéval basé sur la légende de Robin des Bois

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Adieu mon frère.

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Louis Vifargent
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Maitre d'Arme de Gamwell
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MessageSujet: Adieu mon frère. Mer 1 Mar - 15:52

Arrow Le tournoi du Shérif : La tribune


20 mai 1192 - Midi

Louis cheminait au pas à côté de la charrette qui transportait la dépouille de son meilleur ami. Son cerveau toujours en ébullition depuis leur départ du tournoi empêchait le jeune homme de s’effondrer. Lui-même se plongeait dans ses pensées avec un soulagement presque bienheureux tout en sachant que la solution était temporaire.

Finalement, au détour d’un virage, il releva la tête, sachant qu’à partir de là ils étaient visibles depuis Gamwell. Il serra les dents, se raidit sur Ripaille et garda les yeux fixés sur l’horizon. Il savait que s’il croisait le regard de quelqu’un, il allait craquer. A présent il redoutait la confrontation. Mais ils fallait que les gens sachent.

Arrivé à destination, il mit pied à terre et laissa sa longe entre les mains d’un page curieux. Puis il adressa un remerciement au bourreau et à ses hommes et se pencha pour prendre le corps de John. Il fut un instant surpris par sa légèreté, avant de se souvenir de l’air émacié qu’il avait avant de mourir. Louis déglutit péniblement, s’immobilisa un instant pour se reprendre puis se dirigea vers le manoir. Il monta les marches lentement dans un silence de plomb, se dirigea vers l’ancienne chambre de son ami et l’y déposa sur le lit.

Soufflant un coup, il passa dans sa propre chambre et changea de tenue, troquant son pourpoint azur et sa chemise blanche contre un ensemble noir et austère. Puis il descendit et ordonna sombrement :


“Qu’on apporte de l’eau parfumée dans ma chambre ainsi que des chiffons propres. Rassemblez tous les gens présents dans la cour devant le manoir. Je veux que tout soit prêt dans une demi-heure. Faites-moi appeler quand ce sera fait.”

Les servantes opinèrent en silence, sentant bien que l’heure était grave et filèrent exécuter les ordres tandis que Louis allait toquer à la porte de Winnifred. Après avoir eu l’assentiment de la Lady, il entra doucement, refermant la porte derrière lui. La jeune demoiselle se tourna vers lui et lui fit un sourire timide. Il ne lui répondit pas. A la place, il se lança, parce qu’il devait le faire vite avant de ne plus avoir la force.

“Milady… Je viens pour vous annoncer une mauvaise nouvelle. Je suis allé au tournoi ce matin, comme vous le saviez et… En guise d’ouverture de celui-ci, notre Shérif a eu l’idée de nous offrir une exécution. Louis prit une profonde inspiration, relevant les yeux pour les planter dans ceux de Winnifred et lâcha dans un souffle les quelques mots les plus douloureux de sa nouvelle vie. C’est votre frère John qui a été exécuté. Pour haute trahison enver le Prince Jean. Il a été pendu.”

Louis vit les traits de Winnifred s’effondrer et il sentit que lui-même ne tiendrait plus très longtemps. Aussi prit-il la fuite après avoir lâché un “Désolé” tremblant. Refermant la porte derrière lui, il s’éloigna rapidement en direction de son bureau pour fuir les larmes et les sanglots dans la demoiselle. Il s’enferma dans la pièce confortable et s'avachit sur le fauteuil, serrant les accoudoirs à s’en faire blanchir les mains. Il luttait de nouveau contre ses larmes et sa tristesse. Pour s’aider, il répétait en boucle “bientôt Louis, bientôt tu pourras, plus qu’un petit discours à faire et ce sera bon, tu seras tranquille, tiens bon mon vieux”.

Finalement on toqua à sa porte et il se redressa lentement, avec difficulté, comme si le monde pesait sur ses épaules et descendit jusque sur les marches qui donnaient sur la cours. Ils étaient une trentaine rassemblés, quasiment tous les serfs de Gamwell. Mais il reconnut aussi quelques visage de Locksley. Une longue inspiration plus tard, il entama son discours funèbre :


“Bonnes gens de Gamwell et Losksley… Aujourd’hui est un jour sombre pour les Gamwell. Aujourd’hui ils ont perdu l’un des leurs. Louis attendit que la rumeur cesse pour poursuivre. Aujourd’hui John of Gamwell est mort. Le brouhaha explosa entre cris étouffés, exclamation de surprise et sons de protestation. Oui, Sir John a été exécuté tout à l’heure à l’ouverture du tournoi du Shérif pour haute trahison envers le Prince Jean. Il a été pendu. Nouvelle vague d’exclamations mélangées. J’ai réussi à récupérer sa dépouille. Nous l'enterrerons sur les terres de sa famille, comme il lui est dû selon son rang. Merci à tous.”

Il fit demi-tour sous les discussions qui avaient explosé ça et là, indifférent, et remonta dans la chambre de John après un passage dans la sienne. Il récupéra l’eau qui y avait été déposée et s’employa à déshabiller son ami pour lui faire ses dernières ablutions.

Il commença alors à laver le corps amaigri et martyrisé de son frère de coeur avec l’eau et les larmes qui coulaient sans discontinuer de ses yeux. Il voyait trouble mais peu importait, il poursuivait sa tâche en silence, son coeur s’effondrant désormais dans la peine et la douleur.
Il s’attaquait à la deuxième jambe quand il sentit la porte s’ouvrir puis se fermer. Winnifred s’avança silencieusement, dans une robe noire toute simple et tout aussi silencieusement, prit un second chiffon pour commencer un bras.

Ils s’appliquèrent tous les deux pendant deux longues heures, nettoyant chaque millimètre carré de sa peau. Quand John fut propre, Louis lui rasa la barbe tandis que Winnifred lui coupait les cheveux jusqu’à la longueur qu’il aimait avoir. Là aussi il y mirent tout leur coeur et tout leur chagrin, Louis luttant contre les larmes pour ne pas entailler son ami.
Finalement ils l’habillèrent avec la plus belle tenue que John possedait. Des chausses noires entrelacées de fil d’or, des bottes en cuir à grosse boucles, une chemise de soie ivoire et un pourpoint de velour noir et or par dessus. Pour finir ils lui passèrent au doigt la chevalière des Gamwell qu’il avait reçu à son adoubement comme son frère ainsi qu’une chaîne en or et ornée d’onyx noirs.

Louis et Winnifred passèrent la nuit à son chevet tandis que le prêtre de Gamwell récitait psaumes et prières, que l’ébéniste fabriquait un cercueil en pin pour le jeune seigneur des lieux, que le tailleur de pierre faisait une croix digne de ce nom pour la sépulture et que les croque-morts creusaient la tombe.
Et avant que le coq ne se réveille, à l’orée du jour, tous ceux qui le pouvaient étaient rassemblés dans le cimetière.

Le prêtre ouvrit les mains et fit son éloge funéraire, Louis et Winnifred n’ayant ni l’envie, ni la force de le faire. Puis on descendit le cercueil, chacun y jeta une poignée de terre et la tombe fut refermée. La croix posée et ainsi John reposa aux pieds de ses parents. Sur la croix Louis avait fait mettre l’épitaphe “Enfant, frère, seigneur, ami. Toujours fidèle à lui-même.”.

Ils rentrèrent ensuite mais Louis resta un moment. Il se jura mentalement sur la tombe de John de tout faire pour sauvegarder ses domaines. Dût-il fréquenter des gens qu’il haïssait désormais. Car oui, il avait bien comprit, au vu du passé de son ami noble passé hors-la-loi et revenu ensuite après une trahison, que ses “nouveaux amis” avaient décidé qu’il était trop gênant.
Serrant les poings il décida de commencer par les ridiculiser au tournoi. Ce serait un bon début de s’offrir un petite vengeance.

Lentement, comme un poison qui s’infilterait dans ses veines, Louis sentait une colère froide l’emplir de haine pour le Shérif et ses acolytes. Il ne les aimait déjà pas beaucoup avant, à cause de ce qu’il avait su par Ariane et les bûcherons d’Edwinstowe mais là c’était la goutte d’eau de trop. Le vase était plein. Et la seule chose qui empêchait le chevalier d’aller tous les étriper séance tenante était l’idée que le successeur de Vasey serait peut-être pire et qu’il avait deux domaines à protéger.

D’un pas rageur il se dirigea vers Ripaille qu’il enfourcha avant de le mettre au petit trot direction le tournoi. Il avait deux épreuves à gagner.

Arrow Le Tournoi du Shérif : la Quintaine

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Le plus grand effort de l'amitié n'est pas de montrer nos défauts à un ami, c'est de lui faire voir les siens.
[François de La Rochefoucauld]
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