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RPG Médiéval basé sur la légende de Robin des Bois

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Baston, à la taverne [Fini]

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Ariane Caldin
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MessageSujet: Baston, à la taverne [Fini] Mar 30 Juin - 19:29


La vie reprenait lentement son cours à la taverne.
Si l’absence d’Ariane s’était fait ressentir, cela n’avait pas empêché le commerce d’être florissant. Les clients accumulaient dans l’établissement et les taxes n’incommodaient plus autant la tenancière.
Edara avait vraiment effectué du bon travail. Elle avait même pris l’initiative de compter sur les services d’un cuistot. Il s’agissait d’un fournisseur de la taverne, chez qui Ariane achetait régulièrement produits frais et céréales. Il ne venait que deux jours par semaine, mais ces jours-là, la foule était clairement plus dense dans la taverne. Tout allait donc pour le mieux.
Si on ne comptait pas les mains baladeuses.


_ J’peux t’aider peut-être ?, interrogea la tavernière avec fermeté.

L’individu leva les yeux vers elle. Son regard était vitreux, imbibé d’alcool. Assez amoché quoi.
Ariane ne perdit toutefois pas de sa raideur et fixa l’inconnu avec autorité.
Aucun d’eux ne bougea pendant plusieurs secondes, puis finalement lentement l’homme ôta sa main des hanches de sa collègue et se cala confortablement sur sa chaise en levant les bras en l’air.


_ D’accord. Compris. Pas touche.
_ On est bien d’accord, confirma Ariane en s’éloignant.

Edara lui adressa un hochement de tête de remerciement et poursuivit son service comme si rien ne s’était passé. Seulement il fallait bien admettre que ce qui s’était passé, se produisait bien trop souvent au goût de la tenancière. Depuis le temps qu’elle tenait cette auberge, elle avait espéré que sa clientèle aurait fini par comprendre que ce genre de chose n’avait pas lieu d’être dans sa taverne. Malheureusement, la mémoire des badauds du coin avait tendance à perdre de leur efficacité avec quelques verres dans le gosier. Il allait falloir qu’elle se penche sérieusement sur ce sujet.
Quitte à gagner une réputation.

Après tout, une femme qui dirigeait un tel établissement, cela faisait déjà bien jaser.
Il fallait rapidement qu’elle démontre son autorité et sa force si elle tenait à maintenir un certain climat sur son lieu de travail. Si les clients avaient saisi qu’il ne valait mieux pas venir la chercher elle, les formes gracieuses et généreuses d’Edara leur faisaient de l’œil et les mains baladeuses se faisaient bien trop nombreuses. La jeune femme se demandait comment sa camarade avait pu tenir une certaine distance avec eux durant son absence.
Les gens appréciaient Cadfael, l’herboriste de la ville. Peut-être cela seul suffisait à calmer leurs ardeurs, mais le jeune homme ne pouvait pas toujours répondre présent pour défendre sa sœur.

D’ailleurs plus tard dans la soirée un groupe de malotru s’attaqua ouvertement à un deuxième groupe de malotrus et le ton monta rapidement. Si l’ambiance était chaude, cela n’était pas nouveau dans une taverne et tout le monde s’en accommodait. Les rires fusaient, les cris tout autant. Et tout cela poursuivait sa route dans un joli capharnaüm bienvenu. Seulement l’un des hommes semblait plus éméché que les autres et commençait à pousser violemment un autre membre du groupe d’en face. Bref vous l’aurez compris, il y avait confrontation.
Pour ne pas jeter de l’huile sur le feu, Ariane s’était volontairement tenue à l’écart et avait demandé à tous les autres d’en faire autant. Mieux valait ne pas les chauffer plus.
Seulement quand l’un d’eux balança une chaise un visage de l’un et que l’autre répondit en reversant son verre et la bouteille sur le reste des débris avec sauvagerie, il fut rapidement évider qu’il était temps d’intervenir pour le bien de l’auberge.

Les choses dégénéraient et c’était le moment ou jamais de démontrer son autorité. Avec confiance et conviction, Ariane se dirigea vers la table des badauds attroupés autour. Les mains sur les hanches, elle toisa toute la petite bande avec un regard sévère.


_ Pas d’ça chez moi ! Pour les bastons, vous allez dehors ou je vous y traîne de force !

Le groupe d’individus éclata d’un rire fort et prononcé, tandis que les deux lurons commençaient à en venir aux mains, encouragés par leurs camarades. Si les hommes du coin voulaient bien garder les mains dans les poches au passage des serveuses, l’appel de la bagarre était plus fort que tout.
Puisque c’est ce qu’ils voulaient.

Ariane saisit les cheveux d’un des bagarreurs et lui asséna un coup de genou dans le bas ventre. Le souffle coupé, l’individu se plia en deux. Accompagnant son geste, la tavernière le bascula tête la première contre le table. Le craquement fut assourdissant et le sang gicla rapidement. Sous le coup de la surprise, tous reculèrent et Ariane profita de ce laps de temps pour sortir sa petite dague. Juste au cas où…
Sans ménagement, elle traîna le malheureux jusqu’à la porte qu’elle ouvrit à toute volée. Elle n’eut qu’à le pousser pour que le jeune homme atterrisse dans la rue sur les fesses sans demander son reste.
Elle se retourna vivement vers l’attroupement d’hommes qui la fixait en silence, les yeux exorbités.
La lame toujours dissimulée dans sa manche.


_ Je s’rai moins gentille la prochaine fois, avertit-elle. Vous voulez vous battre, vous allez D.E.H.O.R.S !

C’est là que tout pouvait basculer. Mais Ariane y était préparée. Elle ne pouvait pas toujours compter sur des présences masculines pour lui porter secours, si elle voulait tenir son commerce.
Elle avait grandi dans un orphelinat, connut des temps difficiles. S’était battue à maintes reprises et savait se défendre.
Qu’ils viennent donc !

A cet instant, une salve d’applaudissements et de rires rompit le silence. Tout compte fait, les autres clients semblaient eux-mêmes dérangés par le groupe d’individus et finalement leur intervention fut salvatrice. Certains penauds, d’autres riants ou encore pestant, les gêneurs quittèrent les lieux, impatients d’assister à la fameuse bagarre qui aurait finalement lieu dehors. Puisque la bonne femme le souhaitait et s’était montrée claire à ce sujet.
Esquissant un pas sur le côté pour les laisser passer, la tenancière reprit son activité comme si rien ne c’était produit. Ce qui n’empêcha pas les personnes restantes de lever leurs verres dans sa direction ou encore de lui donner une légère accolade sur l’épaule à son passage. Ariane les remerciant d’un hochement de tête et disparut en cuisine, chercher le met d’un quelconque client.
Edara la suivit en silence. Elles échangèrent un regard avant de glousser. La pression redescendait à mesure qu’elles riaient.


_ T’aurais dû faire ça plus tôt !,  lui dit Edara alors qu’elle s’essuyait les yeux.
_ J’espérais ne pas en arriver là.
_ En tout cas, c’est efficace,  remarqua la jeune femme en regagnant la salle principale avec un plateau.
_ Reste à voir, si ça dure, murmura Ariane en la suivant.


Dernière édition par Ariane Caldin le Mar 29 Sep - 13:08, édité 1 fois
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Siwan Ni Lochlainn
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MessageSujet: Re: Baston, à la taverne [Fini] Lun 6 Juil - 18:27

[Allez, je m'incruste nyark, nyark !]


Siwan descendit de son étalon robuste à la robe ébène et fronça les sourcils. Elle était loin sur les terres de ces satanés anglais. Elle n’aimait pas ça mais elle n’avait pas vraiment le choix… Il fallait qu’elle retrouve dame Igritte. Ou au moins qu’elle découvre comment elle était morte… Dans le pire des cas. Mais elle n’osait pas trop y songer car si cela devait se confirmer, elle n’oserait jamais plus se présenter devant son seigneur, sa faute serait trop grande… Et mettrait la vie de ses parents en danger.

Respirant l’air frais de la forêt dans laquelle elle se trouvait depuis deux jours, elle soupira doucement, tournant prestement la tête quand elle entendit le tapis de feuilles mortes remuer. Sortant son arc haut de deux mètres, elle encocha une flèche au repos et s’avança en direction du bruit, sur ses gardes. Nouveau bruit. Elle se stoppa. Tendant l’oreille elle patienta pour guetter le prochain son. Celui-ci ne tarda pas et elle sourit : pas léger, hésitant, d’à peine une seconde… Un lièvre se tenait de l’autre côté de l’arbre.
Faisant le tour, la galloise banda son arc, fermant l’œil droit pour mieux viser. La flèche fusa et se planta dans la nuque de la petite bête, la tuant sur le coup. Bien. Elle aurait de quoi manger ce soir si d’aventure elle devait continuer à tourner en rond dans ces bois qui n’en finissaient pas.

Remontant à cheval en mettant son gibier dans une sacoche de voyage qui y était réservée, elle se remit en route. Au bout d’un quart d’heure, elle remarqua que les arbres s’espaçaient. Une demi-heure plus tard, elle arrivait à l’orée de la forêt. Tournant la tête vers l’ouest, elle aperçut un bout de muraille grise. Une ville, enfin.
Se mettant au petit trot, Tywyll, son étalon se dirigea droit vers la porte ouest de Nottingham, comme un grand.

Siwan quand à elle, en profitait pour scruter tout et tout le monde. Les paysans maigres et mal habillés, les gardes à la mine patibulaire et bien portant… Les rues crasseuses et le peu de marchandises sur les étals, elle comprit vite que quelque chose n’allait pas.
Fronçant les sourcils, elle s’engagea dans la rue principale de la ville en s’efforçant de baisser ou de tourner la tête à chaque fois qu’elle croisait un garde pour ne pas s’attirer d’ennuis. Elle ne voulait prendre aucun risque avant de coincer ce Fenry. Il ne fallait pas qu’elle se retrouve aux cachots pour une suspicion quelconque… Et le fait qu’elle soit une femme armée et habillée en homme n’allait sûrement pas l’aider.

Arrivant aux abords d’une taverne d’où parvenaient quelques voix grasses, elle grimaça mais mit pied à terre. Il n’y avait que dans ce genre d’établissement qu’on pouvait trouver facilement et rapidement des informations. Elle espérait y trouver quelques gardes éméchés qui auraient la langue trop bien pendue.
Attachant Tywyll dans un coin à l’abris des regards pour ne pas se le faire faucher, même si elle doutait qu’il se laisse faire par quiconque, elle s’engagea ensuite dans la direction de l’auberge.

C’est au même moment qu’un homme en sortit, éjecté par les bonnes grâces d’une femme à l’allure frêle mais qui visiblement avait un rôle important. D’autres hommes suivirent, dans un état plus ou moins honorable et Siwan prit bien soin de se plaquer au mur pour ne pas attirer l’attention.
Quand une foule suivit pour assister à ce qui allait visiblement être un combat d’ivrognes, elle en profita pour se glisser par la porte laissée ouverte par le dernier badaud.

Une fois à l’intérieur, elle jeta un regard circulaire avant de s’apercevoir que le plus gros des clients venaient de se vider dans la rue. Elle n’aperçut aucun garde aussi décida-t-elle d’enlever sa capuche. Soufflant car il faisait diablement chaud à l’intérieur, elle alla s’asseoir au comptoir et hélas avec un fort accent une jolie blonde qui servait là.


« Bien le bonjour, pourriez-vous s’il vous plait, m’amener le… le patron, os gwelwch yn dda (s’il vous plait) ? Vous serez gentille. »

Fronçant légèrement les sourcils pour employer des mots compréhensibles, elle trouva néanmoins le temps d’offrir un sourire sec à la serveuse.

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Azeem
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MessageSujet: Re: Baston, à la taverne [Fini] Mar 14 Juil - 0:49

Les derniers rayons de soleil luttaient pour se projeter fébrilement dans le ciel rose-orangé, lorsque le cavalier s'arrêta à la lisière de la forêt. Le regard rivé en avant, il enjamba sa selle et descendit de son cheval d'un bond expérimenté et silencieux. Il attacha son cheval à un arbre qui s'ébroua avec ferveur. L'homme lui intima alors de rester patient d'une caresse sur son museau, pris une flasque de la poche de cuir qui pendait sur le flanc de sa monture, et sorti enfin de l'abri des arbres. Le chemin vers les remparts de Nottingham était déjà  à peine visible. Le Maure était pile à l'heure. Il rangea la flasque sous son vêtement et rabattit sa capuche sur la tête. Il traversa les derniers champs avant la ville puis longea les hauts remparts de pierre jusqu'au fameux passage secret que quelques rares hors-la-loi connaissaient et prenaient afin d'éviter les portes de la ville et leurs gardes.
Après avoir replacé le bloc de pierre branlant, il se releva, s’épousseta et avança d'un grand pas en direction de la taverne d'Ariane. Bien qu'il connaissait la ville comme sa poche, la clarté de la nuit et les torches allumées de ci-de-là, lui permirent de progresser sans encombre dans l'espace, et surtout de voir venir les escouades de soldats.

Arrivé à hauteur de la taverne, il remarqua l'agitation inhabituelle qui y régnait devant. Normalement, tous ces quolibets, ces insultes, ces rires gras et ces coups auraient dû y raisonner depuis l'intérieur, pas à sa porte ! Azeem s'approcha prudemment de l'établissement, tout en maintenant une distance raisonnable, un geste rapide sur sa tête pour s'assurer que sa capuche continuait à lui dissimuler le visage. Apparemment, une dispute entre deux ivrognes faisait rage aux portes de la taverne, attirant plusieurs clients à l'extérieur et quelques badauds. Ariane exaspérée et très prévenante avait dû les jeter dehors avant que les deux alcooliques n'engendrent casse et problèmes. Le Sarasin soupira et décida de passer par derrière le commerce. Une fois l'arrière boutique traversée (Après avoir esquivé plusieurs barils et cambé de lourds sac de toile donc!). Il poussa le battant d'une seconde porte et se retrouva engouffré dans la chaleur et les effluves d'alcool, de sueur et de bois brûlé. Il balaya la salle de son regard d'ébène. De l'âtre contenant un feu ronflant, aux tables des clients, en passant par celles des parieurs dans le coin,  à la sortie, rien de lui échappa. Pas même la voyageuse rousse qui venait de s'installer à l'autre extrémité du comptoir, demandant à voir le patron. Malgré le nombre important de clients qui en étaient sorti, la taverne n'était pas si vide. En même temps, il n'y avait rien d'étonnant à cela. La taverne d'Ariane était toujours très fréquentée, ce qui facilitait, la dissimulation d'Azeem. Une fois du bon côté du bar, il s'assit à ce-dernier et eu juste à s'y accouder, le visage toujours caché, pour qu'Ariane, passant devant lui pour rejoindre le bar, un plateau à la main, le remarque. Elle lui servit un verre d'eau, et se pencha le plus près possible de lui pour qu'eux seuls ne s'entendent.

- J'ai ta potion magique. murmura le Maure, le ton de voix trahissant une teinte d'amusement.

Il plongea la main sous sa cape, et en ressortit la flasque, qu'il posa aussitôt sur le comptoir usé en bois.


- Et toi ?

Deux mots qui voulaient tout dire. Non, il ne lui demandait pas une contrepartie. Non, ce n'était pas du troc ou pire du chantage. C'était une expression devenue habituelle qui sous-entendaient beaucoup de choses : Comment allait-elle ? Quelles étaient les dernières nouvelles de Nottingham, ces rumeurs ? Qu'avait-elle entendu sur la cour du Prince Jean-Sans-Terre, et sur le Shérif ?

Bien sûr concernant la politique, Marianne pouvait également les aider, mais Ariane vivaient vraiment au cœur du peuple. L'écho n'était pas le même. Et puis, tout le monde savait que l'alcool déliait les langues...
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Ariane Caldin
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MessageSujet: Re: Baston, à la taverne [Fini] Mer 15 Juil - 15:35


Si la tenancière avait craint l’espace d’un instant que son intervention subisse des répercussions, il s’avéra fort rapidement qu’il n’en était rien. Les bonnes gens de Nottingham qui ne s’intéressaient pas aux bagarres futiles et ravageuses, poursuivaient leur train-train quotidien au sein de la taverne, jouant, pariant, buvant et riant de bon cœur. L’esprit était bon enfant sans les gêneurs et les exclamations de dehors qui parvenaient à leurs oreilles ne perturbaient en rien la joyeuse ambiance qui voguait sur l’établissement.

Déposant la fameuse assiette fumante devant l’un de ses clients, Ariane virevolta entre les tables, profitant de ses mains libres pour saisir une carafe qu’elle allait remplir et essuyant furtivement du pied au passage une flaque au sol, puis finalement ramassant les dégâts causés par le début de baston. Tout compte fait, ces quelques semaines passées chez les bonnes sœurs lui paraissaient fort éloignées à présent et, le calme et le silence qui l’avaient entourée pendant ce laps de temps ne lui manquaient guère. Le bruit et les activités revigorantes de la taverne suffisaient à combler son bonheur.

Alors qu’elle regagnait le comptoir pour y déposer de la vaisselle cassée et les débris de chaises abandonnés sur le sol, la jeune femme aperçut du coin de l’œil un individu des plus discrets, camouflé sous un immense manteau encapuchonné. L’homme se noyait parfaitement dans la foule, malgré son attitude calme et posée et Ariane l’aurait à peine remarqué si elle ne le connaissait pas personnellement.
Se saisissant d’un verre, la tavernière servit un verre d’eau au nouvel arrivant et le déposa devant lui en se penchant vers lui pour éviter les oreilles indiscrètes.

Son ami lui tendit la fameuse petite flasque qu’il lui amenait régulièrement non sans un sourire dans la voix alors qu’il lui posait la même question que de coutume. Un rapide échange, qu’ils avaient chacun pris l’habitude de mener depuis son retour en ville. Ariane ignorait si la culpabilité poussait le hors-la-loi à agir de la sorte, mais elle avait beau lui répéter que sa dette était payée depuis l’évasion de Louis, le Maure poursuivait ses visites secrètes, profitant ainsi des ragots de la ville. Un accord commun qui s’était instauré entre eux de manière naturelle.


_ Beaucoup d’travail, comme tu l’vois, répondit la jeune femme en essuyant une tâche invisible sur le comptoir devant lui.

Elle profita du passage de son chiffon pour capturer la flasque dans sa manche et poursuivit la conversation comme si de rien n’était.


_ D’après les rumeurs quelque chose se trame en ville, murmura-t-elle. Les soldats sont moins nombreux à patrouiller. Comme s’ils étaient tous sollicités au château.

La tenancière jeta un coup d’œil à droite à gauche pour s’assurer que personne ne les observait de manière suspicieuse, puis elle se pencha un peu plus.

_ Des soldats ivres m’ont apprise que le shérif est envahi par des sbires du Prince Jean. Il se sent menacé par ses vautours et risque de préparer quelque chose sous peu, lui confia Ariane. Aucune idée de c’que ça peut être, mais une chose est sûre, la ville est en ébullition.  
_ Ariane, une cliente te réclame, signala une voix douce derrière elle.

Sursautant, la jeune femme se retourna vers Edara et lui offrit un sourire un peu crispé.


_ Ah, j’arrive dans une minute, s’empressa-t-elle de dire.

Si son amie nota quelque chose d’anormal, elle ne fit pourtant aucune remarque et retourna à son travail. Ariane soupira et se tourna vers Azeem qui n’avait pas répondu à ses révélations. Le hors-la-loi semblait en effet plongé dans ses pensées. Il devait sans doute cogiter à tout ce qu’elle venait de lui dire.


_ Si j’en apprends plus, je te le ferais savoir, chuchota-t-elle pour clôturer l’échange avant de s’éloigner vers la belle rouquine qui apparemment réclamait sa présence.

Cette dernière se tenait à l’autre bout du comptoir et vu son allure, elle venait de faire un long périple jusqu’ici. Elle devait être assoiffée. La tavernière s’approcha amicalement avec un doux sourire sur les lèvres et la salua poliment avec bienveillance.


_ Bonjour lass. Je suis Ariane, la tenancière, se présenta-t-elle d’une voix enjouée. J’peux vous être utile ?

En prononçant ses mots, la jeune femme attrapa sans réfléchir un verre et remplit un grand verre d’eau qu’elle glissa devant l’étrangère qui l’observait avec étonnement.
Son statut de patronne, alors qu’elle était une femme, en choquait plus d’un. A présent, Ariane y était habituée. Aussi se contenta-t-elle de sourire et d’encourager du regard la rouquine à se confier.

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Siwan Ni Lochlainn
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MessageSujet: Re: Baston, à la taverne [Fini] Jeu 16 Juil - 18:10

En attendant la tenancière, Siwan regardait furtivement autour d'elle. Des quelques joyeux drilles qui restaient dans la salle, tous semblaient se contrefiche éperdument de sa personne, à son grand soulagement. Elle aurait sans doute du garder sa capuche un peu plus longtemps mais il faisait décidément trop chaud à l'intérieur pour ses fourrures et elle transpirait à grosses gouttes. Mais elle n'osait pas plus de dévêtir, de peur de trop attirer les regards à elle, ce qui n'avait jamais été le but.

Quand une forme encapuchonnée arriva, elle le nota dans un coin de sa tête, ses alertes se mettant tout de suite à sonner. Elle n'était donc pas la seule à se sentir observée et à faire preuve de prudence ici. Maintenant restait à savoir s'ils étaient plutôt du bon côté, ou plutôt du mauvais. Une serveuse alla lui parler, à voix basse, de sorte que même si elle était elle-même accoudée au bar, elle n'entendit rien. Le mouvement des lèvres de la jeune femme brune allait trop vite si bien qu'elle ne put deviner aucun mot.

Siwan se redressa quand la brune vint l'accoster en lui servant un verre d'eau. Bon, elle aurait préféré une bière mais ça irait. Elle n'allait pas faire la difficile dès son arrivée en ville. La dernière fois ça s'était mal terminé. Et pas pour elle.
Quand la jeune femme lui annonça qu'elle possédait l'établissement, la galloise crut d'abord avoir mal comprit. Clignant des yeux elle les fixa sur la tenancière avant de hocher la tête lentement. Ne s'embarrassant pas plus de politesses, elle demanda dans un anglais approximatif :


"Je voudrais savoir si vous avez des gwybodaeths, des informations, à propos d'un certain Lord Fenry. J'aimerais lui entretenir de quelques... Affaires."

Son regard s'était durci se faisant et elle termina sa phrase d'un ton sec. Buvant une gorgée d'eau fraiche, elle la trouva finalement aussi désaltérante qu'une pinte. Attendant une éventuelle réponse, elle termina son verre d'eau et se retourna pour continuer à regarder les gens alentours d'un œil acéré. Elle ne voulait pas se laisser surprendre par quoi ou qui que ce soit.

C'est exactement pour ça qu'elle ne sursauta pas quand un des ivrognes resté dans la salle tomba de son tabouret, ayant bu une pinte de trop. Elle ne fut pas non plus surprise quand un type se leva, en rogne après avoir perdu aux dés. Mais fronça les sourcils quand des gardes en livrée rouge entrèrent.
Remettant rapidement sa capuche, elle prit son verre, prit néanmoins le temps de le remplir et s'éloigna dans un coin sombre, jetant négligemment ses pieds sur la table qu'elle avait élu. Elle préférait ne pas attirer l'attention en restant au bar, qui était un coin plutôt fréquenté.

Quand les gardes d'approchèrent du comptoir, elle se félicita d'avoir tantôt mis les voiles. Le chef des mastodontes apostropha sèchement la tavernière en ces termes, et elle-même ne pipa mot, écoutant attentivement.


"Ariane ! C'qui passe dehors ? Z'avez obligation de maintenir les abords de votre établissement calmes...! Et là z'avez foutu un sacré bordel avec vos acolos ! Z'avez intérêt d'avoir une bonne explication !"

Le regard méchant et pas malin, ledit chef du petit groupe de soldat affichait une moue chercheuse d'embrouilles. Siwan apercevait de là l'éclat bagarreur dans ses yeux et la petite étincelle de satisfaction signifiant qu'il n'attendait qu'une occasion pour créer des problèmes.
Soupirant doucement, la galloise sirotait son verre d'eau en espérant que la tenancière enverrait paitre les malabars et qu'elle pourrait, elle, repartir à la pêche aux indices tranquille. Mais déjà les gardes prenaient place à une table, ayant visiblement pour but premier de se désaltérer.

Sentant que l'atmosphère n'était désormais plus propice à son activité, la jeune femme termina son verre et se leva discrètement, tachant de se fondre dans les ombres de la salle pour s'esquiver par la porte de derrière rejoindre Tywyll. Il fallait qu'elle file de là, ça devenait trop dangereux...
Mais alors qu'elle atteignait la sortie, un des malotrus colla une main lourde et machiste sur la croupe de la blondinette qui servait dans la salle. Celle-ci glapit de peur et de surprise et lâcha la cruche de bière qu'elle portait... Sur le garde. Celui-ci jura, bondissant sur ses pieds et attrapa la jeunette par le poignet, éructant des insultes.

Siwan serra les dents et hésita. Que devait-elle faire ? Voir ça la révoltait, elle avait envie de s'avancer pour casser le bras de cette brute mais ce faisant... Elle grillait définitivement sa couverture. Et alors, adieu les informations sur Sir Fenry... Grinçant des dents, elle glissa ses doigts sur son long couteau de chasse.
Ses doutes ne furent pas longs à l'agiter cependant. Sa couverture était de toute façon mince et tôt ou tard elle se grillerait. Autant que cela serve à ôter la demoiselle en détresse des porcs en livrée rouge.

Zigzaguant entre les tables, elles sauta dans le dos du colosse, s'agrippant à lui et lui colla son couteau sous la gorge. Les yeux flamboyants elle lâcha avec son accent rude :


"Bah les pattes de la eneth (demoiselle) sale porc. Ou je t'égorge proprement foi de Lochlainn ! J'ai pas peur de toi, ni des autres, mastiffs (molosses) sans cervelles que vous êtes !"

Les dés étaient jetés à présent, elle avait joué, restait à savoir si elle allait gagner ou perdre...

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Ariane Caldin
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MessageSujet: Re: Baston, à la taverne [Fini] Jeu 23 Juil - 1:48

L’étrangère ne se formalisa pas longtemps. Sitôt qu’Ariane se présenta, la belle rousse enchaina avec une voix forte et empreint de sérieux. Elle cherchait donc des informations sur un dénommé Lord Fenry. Son ton s’était montré sec et distant. Cependant la tenancière ne se formalisa pas. Elle connaissait que trop bien ce regard. Ce n’était assurément pas après elle que l’étrangère en avait. Pour le coup, vu le regard flamboyant de la jeune femme, Ariane était ravie de ne pas se nommer Fenry à l’heure actuelle.

_ Fenry…, réfléchit-elle en plissant les yeux pour tâcher de se rappeler. C’est un seigneur qui loge au château si j’me souviens b…

Mais la conversation n’eut pas le loisir de se poursuivre. De bruits sourds se firent entendre et une horde de soldat en uniforme pénétra dans l’établissement. Le temps que la tavernière lève les yeux vers elle avec distraction, elle aperçut du coin de l’œil, l’étrangère se lever souplement et s’éclipser avec son verre rempli vers une table plus isolée.
Ariane fronça les sourcils en observant la rouquine rehausser sa capuche sur sa tête mais ne fit aucun commentaire en voyant les gardes s’approcher d’elle avec malveillance.

Ces soldats en avaient-ils après la jeune femme, pour qu’elle les fuie ainsi ? Avait-ce quelque chose à voir avec ce fameux lord ?

Alors que l’attroupement stoppait devant le comptoir, elle jeta un regard discret à Azeem qui lui n’avait pas émis le moindre mouvement et se contentait de boire son verre avec une lenteur démesurée. Il était trop tard pour qu’il s’éclipse discrètement et Ariane pria intérieurement pour qu’il ne commette pas d’impair. Non pas pour la réputation de sa taverne, mais surtout pour lui. Même si la jeune femme ne doutait pas de ses capacités, les soldats demeuraient en surnombre.

Visiblement, elle se trompait sur leurs intentions. Les soldats n’avaient que faire de l’étrangère puisque lorsque le chef l’aborda, il fut rapidement évident que l’escouade venait pour elle, Ariane. Ou plutôt sur la bagarre qui faisait rage dehors. Alors qu’ils lui faisaient des remontrances, la jeune femme les observa avec dubitation. Vu la tête que montrait celui qui devait être le chef, il était surtout déçu d’avoir loupé le début des hostilités pour y mettre son grain de sel.


_ Allons Rockwood, lança-t-elle avec malice. Va pas m’faire croire que ces bagarres te dérangent. M’est plutôt avis, que t’es déçu d’pas en être l’origine, plaisanta-t-elle en lui adressant un clin d’œil.

Le gaillard venait régulièrement dans son établissement et Ariane avait eu l’occasion de le voir à l’œuvre –ses meubles s’en souvenaient encore. Cependant, si la jeune femme pouvait mettre à la porte les badauds du coin, les choses s’avéraient bien différentes avec les soldats du shérif. Aussi enchaina-t-elle.


_ Mais regarde, ta table est toujours libre. J’vous sers la même chose que d’habitude ?

La tenancière n’attendit pas leur réponse, elle remplit aussitôt une carafe d’hydromel qu’elle déversait depuis un baril, tout en observant du coin de l’œil, la horde s’installer bruyamment à une de leurs meilleures tables. Une fois la carafe pleine, Ariane la donna à Edara pour qu’elle serve la troupe et s’approcha à nouveau discrètement d’Azeem.

_ Désolée, murmura-t-elle sans quitter des yeux les nouveaux venus. Je crois qu’il va falloir reporter not’ conversation. Reviens d’ici une dizaine de jours. J’aurais sûrement du n…

Mais la fin de sa phrase fut couverte par une nouvelle animation qu’était son auberge.
L’étrangère qui se tenait au comptoir quelques minutes plus tôt, s’était ruée sur l’un des gardes et lui avait planté sous coutelas sous la gorge en proférant des menaces que la jeune femme ne comprit qu’à moitié. Sursautant face à ce nouvel événement, Ariane esquissa un geste vers l’attroupement. Face à la réaction de la belle rouquine, tous les gardes s’étaient levés et avaient sorti de leurs fourreaux leurs épées.
Dire que la tenancière venait tout juste de mettre un peu d’ordre dans sa taverne…


_ Ola, cria-t-elle en s’approchant les mains en l’air pour calmer le jeu. On reprend ses esprits. Qu’est-c’qui s’passe, ici ?

Un simple regard vers Edara lui apprit que le jeune Tom avait encore laissé ses mains baladeuses prendre le dessus. Incident plus que regrettable mais qui aurait pu passer rapidement aux oubliettes si l’étrangère n’était pas intervenue. Toutefois, la tavernière ne parvenait pas à lui en vouloir. La femme cherchait simplement à sauver l’honneur de son amie et rien que pour cela, elle méritait du respect. Surtout lorsqu’une femme seule prenait en otage un soldat devant plusieurs de ses camarades.
Les choses s’avéraient compliquées.


_ C’mment oses-tu t’en prendre à l’un des nôtres !, cracha Rockwood en s’avançant dangereusement vers l’étrangère, épée pointée devant lui. Lâche-le tout d’suite, femme !
_ Rockwood…, commença doucement Ariane en se voulant calme et persuasive.
_ Toi, reste en dehors d’ça, persifla le soldat. T’as vraiment d’drôles de lurons, ici ! Cet établissement empeste la merdaille !

Alors que la tavernière allait intervenir, sans vraiment savoir quoi dire, quelqu’un –la tavernière ne sut jamais qui- probablement imbibé d’alcool et imprégné de courage, lança son verre au visage du soldat. Le récipient se brisa sur la joue de ce dernier qui hurla lorsque la moitié du contenu se vida dans son œil. Les hostilités pouvaient commencer.

Sans plus attendre, les badauds se ruèrent dans la bataille qui démarrait et de nombreux objets se mirent à voler en tous sens. Réagissant au quart de tour, Ariane attrapa le bras d’Edara et l’attira derrière le comptoir. Les hommes, inhibés par l’hydromel qu’ils avaient consommé, s’engagèrent dans un combat sans merci. En sous-nombre, les gaillards du shérif furent rapidement assiégés, mais les paysans du coin se battaient également les uns contre les autres. Il suffisait que l’un fasse tomber l’autre pour qu’ils se cherchent querelle.
Impossible de les mettre tous à la porte ceux-là. Rageant, la tavernière observa sa taverne se faire saccager, totalement impuissante. Ce n’était pas la première fois, et ce ne serait pas la dernière.
Du coin de l’œil, elle aperçut l’étrangère assommer plus d’un badaud et pousser des cris de guerre propres à son pays. Cette femme était… détonante. Azeem avait disparu mais Ariane n’était pas certaine qu’il ait quitté l’établissement.

Cette affaire n’avait qu’une manière de se finir et la tavernière la redoutait plus que tout.
Cela ne se fit pas attendre. Une nouvelle troupe de soldat fit irruption dans son auberge, en grand nombre cette fois-ci. Ils n’eurent aucun mal à calmer la foule et à la contenir. Plusieurs hommes se prirent de nombreux coups sans raison, juste pour le plaisir et Ariane attendit patiemment que les hommes du shérif en finissent.

En fin de compte, beaucoup de clients avaient pris la fuite, pour ne pas se faire embarquer dans les geôles ou pour subir une punition injuste. La sienne ne tarderait pas.
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Siwan Ni Lochlainn
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MessageSujet: Re: Baston, à la taverne [Fini] Jeu 23 Juil - 11:00

Siwan n’avait pas son pareil pour les batailles. Qu’elles soient rangées ou de taverne, c’était peu important. Tout ce qu’il fallait savoir c’était parler avec ses poings et parfois, ses armes, et elle savait le faire comme personne. Déjà toute petite, elle s’acharnait à taper tous les garçons qui la traitaient de faible, s’empressant de leur faire regretter leurs paroles.

Quand elle déclencha, sans presque le vouloir, une bagarre qui dépassait toutes ses espérances, elle resta dans le tas, égratignant au passage plus de soldats que de manants, criant pour se donner de la force et du courage, esquivant, reculant, frappant comme un serpent au moment opportun. Elle rugissait des imprécations en gallois que personne ne comprenaient et s’en donnait donc à cœur joie.
Le soldat qui avait touché la blondinette était à présent à terre, sonné par plus fort que lui, ce qui était difficilement possible, comme quoi. Elle se pencha sur lui et avec un sourire goguenard, appliqua à essuyer ses bottes pleines de boue fraiche de la rue sur son visage. L’acte en lui-même ne signifiait rien mais elle prit quand même son temps avec plaisir.

Elle s’apprêtait à s’éclipser, voyant que les soldats étaient en sous nombre, lorsque, dans un fracas encore plus assourdissant que le bruit de la baston lui-même, des soldats arrivèrent en masse. Dieu qu’elle détestait les fouines… A n’en pas douter, quelques manants, espérant recevoir des piécettes, s’étaient empressés de rapporter le bazar au château… Qui avait visiblement décidé de sévir en force.
Grimaçant, elle s’aplatit et se glissa sous une table encore debout, espérant par là échapper aux regards désapprobateurs des nouveaux hommes d’armes.

Dispersés rapidement, les soiffards se retrouvèrent tous embarqués sans distinction vers les geôles du château. Il y aurait là-bas des représailles, c’était certain. Soudainement, en le comprenant, Siwan eut des remords. En voulant exercer la justice en sauvant la demoiselle, elle avait conduit à cette avalanche d’emprisonnements sommaires… Sans compter les ennuis qu’allait avoir la sympathique tavernière. Ne pas savoir tenir son commerce était une preuve de faiblesse et déjà qu’il était difficile pour une femme seule de s’imposer…

Accroupie sous sa table, elle regardait les manants se faire embarquer, en fait trainer la plupart du temps, jusqu’à des chariots-cages. L’un d’eux toutefois l’aperçut et à travers les embruns d’alcool qui lui faisaient tourner la tête, sembla la reconnaitre. Baragouinant une première fois sans parvenir à parler, sa deuxième tentative fut plus réussie et il marmonna en la pointant vaguement du doigt :


« Hé… Hééééé… J’la connais elle…. Hééééé… ‘Coutez j’vous dit… C’est elle qu’à commencé… Héééé…. »

Maudissant ce pauvre débile, la galloise resta cachée, espérant que le soldat ne le prendrait pas au sérieux. Et effectivement celui qui le trainait ne se donna pas la peine de s’arrêter… Mais un autre, qui passait derrière, se pencha et…

« Meeeerde… Ca alors, l’soulard avait r’son, ya une femelle planquée là-dessous ! Ohlà ma jolie, ramène toi un peu par ici… Ou on viendra te chercher ! »

Se reculant un peu, Siwan se sentit soudain comme une bête effrayée. Si elle reculait plus, elle allait sortir de son couvert… Mais d’un autre côté, elle était déjà repérée… Bondissant, elle souleva la table en rugissant et profitant de l’effet de surprise, fonça tête baissée dans le ventre du soldat qui eut le souffle coupé. Avant que ses compères ne comprennent ce qui se passe, elle grimpa sur le comptoir, chercha des yeux une sortie.

Dégainant à nouveau son coutelas, qu’elle brandit bien en vue des gardes, elle aperçut derrière elle la porte de la cuisine, à sa gauche un escalier qui montait et juste à côté une autre porte… Celle par laquelle était entré la mystérieuse silhouette encapuchonnée qui avait depuis disparut.
Se décalant vers la gauche vers la porte de l’arrière-cour, ou ce qu’elle supposait l’être, elle jaugea les hommes qui se regroupaient autour d’elle et se demanda que faire.

A présent elle était vraiment dans les ennuis jusqu’au cou. On ne pouvait pas dire que sa première journée à Nottingham avait été un franc succès… Fronçant les sourcils, elle les menaça, dans sa langue, incapable de trouver les mots corrects en anglais sous l’effet de l’adrénaline et du stress :


« Rascals cefn ! Yr wyf yn gigyddir nesáu at y cyntaf ! (Arrière vauriens ! J’égorge le premier qui s’approche !) »

Les soldats, un instant interloqués par cette langue étrange qu’elle venait de prononcer s’immobilisèrent et le silence tomba dans la pièce en désordre. Siwan ne savait pas quoi faire pour se sortir de ce mauvais pas.

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MessageSujet: Re: Baston, à la taverne [Fini] Jeu 23 Juil - 15:06

Prise entre deux feux, l’étrangère avait pris refuge, perchée sur le comptoir de sa taverne et menaçait la horde de soldat restante de sa lame. L’établissement, pratiquement désert à présent, offrait un silence pesant et choquant en comparaison de la vie qui l’habitait quelques minutes plus tôt.

Si les soldats restèrent un instant pantois devant la langue de l’inconnue qui se dressait face à eux, ils reprirent rapidement contenance et s’approchèrent plus menaçants que jamais. Ariane avait eu le loisir d’observer la jeune femme. Elle savait certes se battre, mais dans pareille situation, le surnombre des hommes pouvait faire pencher la balance en leur faveur. Malgré les ardeurs de l’étrangère, mettre à terre un tel attroupement serait miraculeux.

Pourtant la tavernière voyait mal comment lui venir en aide. A deux, elles ne surpassaient pas aux armes, ceux qui se tenaient devant elles. Sans compter que lui prêter main forte, lui vaudrait un châtiment bien pire que celui qui l’attendait. Un tavernier inapte à maintenir l’ordre dans son auberge se voyait couvert d’amendes et de dettes. Voire pire dans certains cas.

Comment diable Edara avait-elle pu instaurer le calme pendant son absence ?
Peut-être que personne n’intervenait pour sauver son honneur et que la belle blonde tâchait d’ignorer en silence les mains baladeuses qui s’aventuraient sur elle. Seules certaines femmes comme Ariane ou même l’étrangère se sentaient révulser devant pareil comportement et ne pouvaient se résoudre à demeurer gentiment à leur merci.
Sans l’intervention des soldats, cette histoire aurait pu se terminer d’une bien meilleure manière. Mais le mal était à présent fait et Ariane devait assumer les conséquences de ses actes.

Quitte à subir la justice du shérif, ne pouvait-elle pas donner un coup de main à cette brave femme qui ne cherchait qu’à défendre son amie ? Mais les risques étaient si nombreux…

Elle n'eut pas vraiment le loisir de prendre cette décision, puisque l'intervention d'Azeem lui coupa tout élan. Le hors-la-loi n'avait pas déserté son auberge, comme elle l'avait pensé au premier abord. Et visiblement le maure était aussi déterminé qu'elle, a venir en aide à l'étrangère.

[HRP = m'a semblé que cette fin correspondrait mieux Wink]
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Azeem
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MessageSujet: Re: Baston, à la taverne [Fini] Dim 13 Sep - 19:32

Tout s'était passé si vite... L'entrée de la première troupe de soldats. L'altercation entre un des leurs et la jeune femme rousse. La bagarre générale. Les arrestations forcées après l'assaut de la deuxième escouade. En un rien de temps, Azeem s'était retrouvée dans une bagarre qui, cette fois-ci, n'était pas la sienne. Bien sûr, il aurait pu s'empresser de quitter les lieux dès la première vision des uniformes du shérif, mais cela aurait impliqué de laisser Ariane dans le pétrin et cela il s'était juré de ne plus jamais le faire. Et puis, il y avait aussi cette curieuse voyageuse à l'accent étranger qui avait mentionné le nom de Fenry...

Toujours précautionneusement dissimulé sous sa capuche, debout au milieu de l'agitation, le Maure tentait tant bien que mal de garder les paysans alcoolisés à distance, à mains nues. Il ne tenait pas à tuer ou blesser gravement un civil, et ne voulait non plus pas de faire remarquer par les soldats en sortant les armes. Pour l'instant il s'en sortait bien, et la foule encore dense, lui permettait encore de passer inaperçu, mais cela n'allait pas tarder avec la pluie d'arrestations, et les clients effrayés qui évacuaient les lieux. Bientôt, il devrait faire un choix, sortir discrètement par la petite porte, ou se servir de ses armes, et surtout de ses jambes, et sortir par la grande. Heureusement -ou malheureusement- pour lui, le choix s'imposa de lui-même. Les gardes avaient décidé de s'en prendre à Ariane ainsi qu'à l'étrangère, qui étaient s'étaient cachées derrière le comptoir. Alors qu'Ariane était parvenue à rester hors de portée des gros bras vicelards en côte de maille, la rousse en revanche n'avait pas eu cette chance, et tentait à présent de leur échapper les pieds sur le comptoir, penchée sur le jeune soldat qui lui avait mis la main aux fesses, lui faisant une clef de bras, la lame de son poignard appuyée contre sa jugulaire tremblotante.

Après, la fraction de seconde de silence pantois, qui suivit ses menaces galloises, les gardes reprirent leurs esprits et s'avancèrent d'un même pas, vers la voyageuse. Le capitaine de la garde dégaina à son tour sa propre lame, mais plaqua sa pointe sur la gorge de la jeune femme. La douzaine de soldats qui se trouvaient derrière lui, sortit leur épée du fourreau dans un même bruit métallique, le regard dur et menaçant. Toute leur attention était tournée vers cette femme et la gorge de leur compagnon. Les quelques civils étaient restés à l'intérieur, se relevaient, cessaient de se battre, ou encore se retiraient de leur emprise, pour s'échapper en vitesse. Certains se firent intercepter par les gardes de l'extérieur qui s'occupaient d'enfermer les malheureux dans les chariots-cage. Azeem aurait bien accouru vers ces chariots afin de sauver des innocents qui risquaient une punition trop élevée par rapport à leur acte, mais un problème encore plus grave risquait d'arriver s'il n'intervenait pas.

La lame du capitaine se fit rabattre par celle du sabre d'Azeem. Ses yeux se posèrent aussitôt sur la silhouette encapuchonnée. Il ne put cacher son agacement et sa surprise.


- Je ne parle pas couramment le gallois, mais je pense que cette demoiselle souhaite que vous la laissez tranquille. articula calmement Azeem de sa voix profonde.

- Et moi je souhaite qu'elle me suive. Et sans zigouiller un d'mes hommes bien sûr. Et je n'ai aucun ordre à recevoir de qui que ce soit ! Allez dégage maraud ! Déjà que tu mériterais la corde pour moins que ça ! s'énerva le capitaine, tentant de le repousser, mais en vain.
Pis t''es qui d'abord ?

Azeem rabaissa sa capuche. La stupeur parcourut les rangs des soldats.

- Je crois que vous le savez déjà. Et je crois également que vous savez que je mérite déjà la corde, et peut-être même bien plus.

Les informations le sang ne firent qu'un tour dans la tête du capitaine, qui oublia aussitôt la jeune femme, pour se ruer sur Azeem.

Le hors-la-loi ne voulait aucunement faire couler le sang dans le bâtiment d'Ariane. Mais il improvisait à chaque instant, et  à cet instant, il ne pouvait éviter de croiser le fer avec ces soldats. Après quelques tintements métalliques et quelques parades, il réussit littéralement à planter trois-quatre gardes dans le décors, inconscients. Le reste des hommes du shérif, l'encerclait. Il couru vers l'un deux – celui qui lui barrait le chemin vers le comptoir et la sortie- stoppa son bras qui s'apprêtait à abattre son épée sur lui, asséna la garde de son sabre sur son casque, puis le poussa telle une balle dans un jeu de quilles, vers ses frères d'armes qui allaient à leur tour l'attaquer. Une fois près du comptoir, il se tourna vers la Galloise qui se battait avec le jeune soldat.


- Suis-moi !

Tous deux se précipitèrent vers la porte d'entrée. Avant de la franchir, Azeem se retourna vers Ariane.

- Ah en fait merci pour la caisse de votre taverne ! Je vous laisse quand même un petit souvenir !

Il lui lança une bourse de cuir et lui adressa un clin d’œil entendu, qui aurait pu paraître provocateur aux yeux des gardes. Par cet acte, non seulement il faisait croire aux soldats qu'il venait de voler Ariane, et par conséquent, n'avait aucun lien avec elle, il lui épargnait ainsi questions et éventuelles réprimandes, et en plus, il lui donnait véritablement de l'argent pour qu'elle puisse se remettre de ses casses.

Il eut juste le temps de s'éclipser du cadre de la porte et de la claquer au nez des quelques soldats encore en état de courir.


- Attrapez le Maure ! Attrapez ce hors-la-loi et cette garce rousse !

Les soldats des chariots-cage, vinrent s'ajouter à ceux de la taverne. Ainsi c'était une véritable horde d'hommes qui poursuivirent Azeem et Siwan dans la nuit clair qui enveloppait Nottingham. Et parmi eux malheureusement, certains étaient des cavaliers. Lorsqu'il entendit les hennissements, Azeem comprit qu'ils ne les auront pas à la vitesse. Il agrippa la main de la jeune femme et l'emmena derrière la maison qu'il venait de dépasser. Il se pencha vers elle et lui murmura.

- Ecoute, on va continuer à longer cette muraille. Notre sortie n'est pas loin. J'ai un cheval à la lisière de la forêt, mais je pense qu'on va devoir faire un léger détour. Traverser les champs qui se trouvent à la sortie de la ville, avec cette lune, serait beaucoup trop risqué. On va prendre vers le nord et passer par les champs de maïs.

Les bruits de sabots se rapprochèrent. Azeem posa sa main sur la bouche de la jeune femme. Tous deux se plaquèrent un peu plus contre le mur de la maison. Les cavaliers les dépassèrent, suivis de peu par les autres soldats.

- Allons-y. murmura-t-il.

Une fois, le passage secret passé et le champs traversé (ce qui ne fut pas une mince affaire), ils gagnèrent enfin l’orée de la forêt. Ils leurs restaient encore de la route pour rejoindre son cheval et finalement le camps. Enfin le camps... Encore fallait-il voir si cette voyageuse était bel et bien digne de confiance.

- Alors qui es-tu, et qu'es-tu venu faire à Nottingham ? demanda-il à voix basse.
Mise à part chercher Lord Fenry ? ajouta-t-il un rictus amusé au coins des lèvres.
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Siwan Ni Lochlainn
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MessageSujet: Re: Baston, à la taverne [Fini] Mar 22 Sep - 10:19

Siwan se sentait dans une position plus que bancale. Elle ne se souvenait pas avoir été déjà en si mauvaise posture… Quoique, la fois où elle avait du faire face à une meute de loups, là-bas au pays… Mais c’était différent.
Armée de son couteau de belle taille, qui cependant paraissait ridicule face à l’armée d’épée qu’elle visualisait en face d’elle, elle sautillait sur ses pieds, tentant de garder une attitude menaçante pour tenter de retarder l’échéance.

Pourtant, tout ne se passa pas comme elle se l’imaginait. Une silhouette encapuchonnée apparut soudain devant elle, se plaçant d’office en rempart. Clignant un peu bêtement des yeux, la rousse resta un instant figée avant que la prudence ne reprenne sa place et qu’elle s’écarte un maximum de ce nouveau facteur dont elle ne savait pas encore s’il était ami ou ennemi.

Quand la capuche parla, se fut calmement et d’une voix grave. Le rythme employé était assez lent pour que la galloise comprenne le sens des mots et s’autorise un petit sourire narquois à l’attention des gardes. Enfin un qui avait compris.
Le chef des malabars, lui, s’énerva tout de suite en parlant d’arrestation et de pendaison… Elle ne comprit pas tout mais l’essentiel ne lui plut pas. Une question tomba enfin, posée hargneusement.
La réponse, rendue tout aussi paisiblement qu’avant, ainsi que le visage de l’inconnu, à la peau aussi noire que l’ébène, créa un nouveau blanc. Siwan était choquée. Peut-être presque plus que les gardes en face. Qu’était-ce donc que cela ? Un esprit malin ? Un sortilège ? Mais enfin imaginez tout de même : un homme à la peau noire… !

Enfin bizarrement, la couleur de la peau de l’inconnu n’était pas le plus intéressant. Non ce qui l’était davantage fut la réaction du chef qui se désintéressa complètement d’elle pour ordonner à toute sa petite armée de se ruer sur l’homme…
Siwan ne tergiversa pas plus et tenta de sauter à bas du comptoir pour s’enfuir. Cependant au moment où elle prenait son élan, une main ferme lui attrapa la cheville. Faisant volte-face, elle se retrouva nez à nez avec le jeune soldat qu’elle avait menacé. Celui-ci afficha un rictus revanchard et ne reçut en réponse qu’un coup de pied dans le nez. Celui-ci craqua et l’homme jura en dégainant son épée, rageur.

Un combat s’engagea entre la demoiselle qui esquivait les attaques sauvages du soldat brutal et celui-ci qui parait tant bien que mal les petites effilochages que lui administrait la sauvageonne galloise. Globalement Siwan avait le dessus, elle était plus vive et plus rapide que le chien en armure, et surtout, sa position surélevée sur le comptoir lui permettait de rivaliser en taille avec l’homme.
Cependant elle se fatiguait vite et la fourrure de ses vêtements la faisait suer comme une pucelle. Elle chercha entre deux bottes vicieuses une échappatoire qui, encore une fois, arriva en la personne du Maure.

Assommant le garde par derrière, il se rua vers la sortie et l’archère ne se posa pas de question. Il le suivit à la trace, trop heureuse d’échapper à la baston dans la taverne. Elle fila récupérer Tywyll, son étalon, auquel elle murmura quelques mots en gallois avant de lui donner une tape sur la croupe, le faisant détaler au triple galop.
Quand elle revint, le Maure claquait la porte au nez des assaillants.

Se remettant à courir, ils se firent vite talonner par des cavaliers, sentant la peur poindre, Siwan, cherchait ses mots pour tenter de trouver un plan pour réfléchit que simplement courir dans les rues quand l’homme d’ébène l’attrapa et la plaqua contre un mur.
Le souffle coupé par l’impact, elle vit un instant des étoiles puis se figea en comprenant ce que voulait son sauveur. Tentant de reprendre discrètement sa respiration, elle entendit les pas de course et les sabots des chevaux d’éloigner d’eux.

Soupirant discrètement de soulagement, elle fronça les sourcils en tentant de suivre les explications de l’arabe. Elle ne comprit pas tout évidemment mais les mots « sortie » et « cheval » suffirent à lui faire saisir l’idée. Elle opina du chef et lui fit signe de passer devant, se coulant comme une ombre dans les pas du Maure.

Le tunnel sous la muraille fut long et humide, le détour par les champs horriblement long et pénible car il fallait se déplacer lentement et guettant à tout instant un cri de garde ou un quelconque galop. Mais rien de tout cela n’arriva et finalement l’orée de la forêt se profila au grand soulagement de Siwan.

Visiblement, son compagnon de fortune jugea qu’ils pouvaient à présent de nouveau parler et elle tendit l’oreille à ses questions. Il se montrait curieux mais uniquement pour des choses ciblées, comme par exemple la raison de sa venue en ville.
La galloise hésita. Sa mission, bien que n’étant pas secrète, consistait à racheter son honneur. Elle n’aimait pas en parler car cela revenait à se désavouer… Mais en même temps elle devait la vie à cet étranger. Elle décida que pour une fois elle ferait un effort de communication et répondrait à ses questions.
Cherchant un instant ses mots, elle finit par dire avec son fort accent :


« Je dois retrouver ma tywysoges, ma princesse... Enlevée par ce Fenry… Sa trac, piste, m’a mené ici. Mais j’ai pas pu m’empêcher d’aider cette gweinyddes, serveuse… Et les ennuis sont arrivés. Je vous dois la… La vie. Diolch i chi (merci). Mon arc vous ai acquis tant que je n’aurais pas remboursé ma dyled, dette. »

Elle termina sa phrase dans un souffle, l’exercice de la traduction se révélant particulièrement difficile. Elle trouvait étrange de prêter serment à un esprit, ou quoi que fut cet étrange personnage mais son honneur lui interdisait de ne pas le faire.
Sa curiosité prenant peu à peu le pas sur sa méfiance au fur et à mesure qu’elle l’observait évoluer, elle finit par demander :


« Dites, vous êtes quoi ? Un ysbryd, un esprit ? Ou un démon ? Vous êtes né noir, comme ça ou c’est une… Clefyd… Euh… Maladie ? »

N’ayant pas conscience que sa franche curiosité pouvait aussi blesser ou vexer, elle termina sa pluie de question juste le temps pour elle de chercher de nouvelles théories sur l’origine de cet étrange personnage.

Arrow Forêt de Sherwood, Le Camp de Robin et de ses joyeux compagnons, Les Grottes Annexes, Les Ecuries

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Dernière édition par Siwan Ni Lochlainn le Sam 5 Déc - 13:59, édité 3 fois
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Ariane Caldin
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MessageSujet: Re: Baston, à la taverne [Fini] Mar 29 Sep - 13:04

Les bruits envahissants et tonitruants, bombés de rires et de musique, qui habitaient de coutume les lieux, avaient déserté l’ensemble de l’auberge ; et un silence cuisant s’en suivait. Plus profond et blessant que n’importe quelle épée dans le cœur de la tavernière.  
Tous les badauds, qui vivaient de joyeux moments dans son établissement, se retrouvaient entassés dans des carrioles de fortune, sans nuit prometteuse au bout du tunnel. La plupart n’avait pas les moyens de rembourser les dommages d’une nuit en geôles. Ces dernières allaient s’avérer être pleines ce soir.

Ariane ne savait plus quoi inventer pour leur venir en aide. Aussi se contenta-t-elle platement d’observer Azeem, sauver, un tant soit peu, la situation en entrainant à sa suite l’étrangère aux cheveux de feu. Sans qui… Mais la jeune femme ne pouvait lui en tenir rigueur. La rouquine avait cherché à défendre l’honneur d'Edara et, rien que pour cette raison, l’aubergiste ne pouvait que lui être reconnaissante.

Alors que les deux fugitifs prenaient la fuite par la porte de derrière, la horde de soldat encore présente sur les lieux, se lança à leur poursuite. Abandonnant derrière eux, leurs camarades blessés –physiquement et moralement. Alors qu’Ariane pressait contre sa poitrine, la petite bourse que lui avait jetée Azeem pour la protéger de ce carnage, l’un des chefs de la troupe, ayant fini de bourrer ses carrioles, revint à la taverne au pas de course.

_ Que s’passe-t-il ici ?, tonna-t-il en constatant les dégâts supplémentaires laissés par le nouvel affrontement que venait d’avoir lieu. Où est l’étrangère ?
_ S’est enfuie avec un hors-la-loi
, expliqua l’un des blessés au sol. Le noir. Le maure !

Celui qui semblait être un second chef grommela des paroles incompréhensibles et frappa du pied une malheureuse chaise, qui avait pourtant survécu à la bataille.

Obligée de se manifester -bien qu’elle aurait souhaité disparaître loin d’ici-, la tavernière s’avança d’un pas, alors que des cuisines sortaient Edara, une autre de ses serveuses et le cuistot, qui s’étaient tous réfugiés à l’arrière.

_ Monsieur, annonça Ariane d’une voix peu confiante, laissez-moi vous aider à soigner vos blessés. Je… croyez bien que…
_ Embarquez-moi ces derniers vauriens
, tonitrua le chef en les désignant.
_ Voyons, nous sommes de la maison, s’exclama-t-elle en sentant son cœur accélérer. Nous sommes victimes de cambriolage et dégradation de propriété. Vous ne pouvez pas…
_ Vous expliquerez ça au shérif. C’est vous la propriétaire, non ? Z’avez pas qu’a laisser n’importe qui entrer chez vous !


Consciente que toute discussion était veine, Ariane tenta une ultime persuasion.

_ Laissez au moins mes collègues restaurer mon établissement, insista-t-elle. Ils n’étaient même pas présents sur les lieux, mais tous occupés à œuvrer en cuisine. Vous…

Mais le soldat la gifla violemment, lui intimant le silence. Ariane recula d’un pas sous le coup et porta la main à sa joue rougie. Visiblement, il n’était pas prompt à la discussion.
Pourtant un simple coup d’œil à ses carrioles déjà bondées, dû le convaincre.

_ Pour vous trois, ça ira ! Mais interdiction de rouvrir ce taudis avant enquête !

Au moins, Edara et les autres évitaient les geôles. La tavernière leur lança un regard rassurant, non sans glisser dans les mains de son amie, la petite bourse qu’Azeem avait pris soin de leur laisser. Elle ne suffirait pas à réparer les dégâts de l’auberge, mais elle y participerait.
Une fois compressée dans l’une des carrioles de fortune des soldats, avec tous les soulard, badauds et pauvres gens qui passaient par là, par mégarde, Ariane réfléchit à ce qu’elle allait pouvoir bien raconter pour se justifier.

Les choses se gâtaient.

Arrow Nottingham, Le Château, Les Geoles



[HRP = Fin de ce sujet =) ]
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Baston, à la taverne [Fini]

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