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RPG Médiéval basé sur la légende de Robin des Bois

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Prise de fonction à Gamwell.

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Louis Vifargent
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MessageSujet: Prise de fonction à Gamwell. Mar 10 Fév - 9:44

Arrow Nottingham > Les Marchands et Commerçants > Herboristerie


Louis n’avait pas de cheval et le chemin jusqu’à Gamwell faisait un bon exercice pour se remettre de sa crise. D’habitude il empruntait une monture à l’auberge mais comme cette fois il n’était pas sûr de quand il reviendrait, il avait préféré y aller à pied. Certes son arrivée ne serait pas grandiose mais au moins il ne faisait pas de dépenses inutiles.

Marchant sur la route, son sac contenant ses maigres affaires qu’il était passé chercher à la taverne en saluant Edara et en soldant ses dépenses pour ne pas laisser d’ardoise, il avait adopté un rythme lent et paisible. Il n’était pas pressé. Après tout Gamwell ne risquait pas de revenir et si Vasey décidait de reprendre ses terres, lui ne pourrait rien y faire…

Réfléchissant à ce qu’il ferait en premier, il se dit que le mieux était de lire la missive que John lui avait écrite à tous les serviteurs du manoir. Cela lui permettrait de justifier sa présence et de répandre la rumeur sur tout le domaine sans effort. Ensuite il s’attaquerait à la compatibilité pour savoir ce qu’il pouvait se permettre pour lé défense du domaine. A priori Gamwell était un des seuls domaines où on ne souffrait pas trop de famine. Sans doute le fait que John ai fait de l’œil au Shériff avait eu son effet. Louis ne le lui reprochait pas, après tout même si son image en avait largement pâti, ses gens étaient plus ou moins heureux et le chevalier se demanda s’il n’aurait pas fait pareil.

Arrivant à la barrière qui marquait le début du domaine, il prit une profonde inspiration et se dirigea vers le manoir, sous les regards indifférents des paysans qui vaquaient à leurs occupations. Une fois entré, il demanda à une servante d’appeler tous les autres occupants de la maisonnée, y compris Winnifred si elle daignait descendre, et une fois que tous furent, il déplia le parchemin qui portait le sceau de John et lut à voix haute :


« Moi, John of Gamwell, seigneur des terres ancestrales de Gamwell et nouveau propriétaire des terres de Locksley sur le don généreux du Prince Jean d’Angleterre, nomme aujourd’hui Louis de Lioncourt, dit Louis Vifargent au poste de maitre d’arme de mes domaines. En mon absence, il a toute autorité sur mes terres et tout refus de lui obéir sera considéré comme un acte de trahison comme ci ledit acte avait été commis envers ma personne ou celle de ma sœur, Lady Winnifred of Gamwell. Cet acte prend acte maintenant et à jamais. »

Louis releva les yeux et vit un peu de tout dans la foule : de la méfiance, de l’incompréhension, du doute, de l’indifférence et parfois même une certaine satisfaction. Il semblait que même parmi ses gens, John ne faisait pas l’unanimité. Désolé par cette constatation, le jeune homme aux cheveux bruns toussota pour ramener l’attention sur lui et déclara avec toute l’autorité qu’il pouvait :

« Je ferais de mon mieux pour votre quotidien ne change pas. Je demande à tous les responsables de venir me voir pour me parler de leurs dépenses et des habitudes du domaine. Je veux voir la cuisinière en chef, le jardinier, le responsable des gardes mais également le prêtre et un porte-parole des fermiers. Et ce dans une heure. Je vous attendrais dans le bureau de Sir John. »

Son ton ne tolérait aucune protestation et il se détourna, signifiant par là la fin du communiqué. Faisant signe à une servante, il lui demanda d’ouvrir la porte du bureau et de lui préparer un bain. Il était un peu gêné de demander ça mais après tout, si John lui avait autorisé autant de liberté c’est qu’il y avait une raison. Il monta ensuite les marches et se dirigea vers cette pièce qu’il connaissait pour y avoir déposé un petit mot.

S’asseyant après une longue hésitation dans le fauteuil du maitre des lieux, il sortit le gros livre des comptes et se mit à le feuilleter depuis  la date approximative du retour de John. A son retour, les affaires allaient mal, les paysans surtaxés ne pouvant plus mettre de vivres de côté, le manoir quasiment à l’abandon faute de serviteurs et des doléances à n’en plus finir.
Puis, quelques mois après ça, des sources de revenus inconnus étaient noté, de sommes variables. D’abords utilisés pour acheter différents grains en grande quantités, l’argent avait ensuite été utilisé pour recruter des mercenaires. Finalement, ce qui restait avait servi à payer les serviteurs du manoir. Puis les revenus des récoltes, ajoutés au baisse étrange des taxes avait permis de remplir les coffres et Gamwell disposait aujourd’hui d’un joli pécule.
Sifflant devant la somme finale, Louis releva la tête quand on toqua à la porte et autorisa l’entrée.

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Ariane Caldin
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MessageSujet: Re: Prise de fonction à Gamwell. Lun 23 Fév - 2:49

[HJ = Je me suis permise de poster ici du coup. Et oui pas d'inquiétude, je m'amuse toute seule ^^']

Gamwell était tel que dans son souvenir.
Lieu ouvert sur la forêt, où nature se mêlait au village avec bonheur et un certain côté sauvage qui donnait tout son charme au patelin. Les bonnes gens des environs s'affairaient à divers occupations et personne ne semblait vraiment se soucier de sa présence en ces lieux.
C'était très étrange pour elle de revenir, surtout qu'en quittant cet endroit la dernière fois, elle était inconsciente et souffrait le martyre. Pourtant, le traumatisme n'était pas là et même lorsqu'elle passa devant la place où elle avait été fouettée, elle ne ressentit qu'un très léger frisson.

A l'époque elle pensait qu'il avait été injuste qu'elle soit punie pour quelque chose qu'elle n'avait pas commis, mais en y repensant avec le temps finalement, elle avait toutefois été coupable de laisser les hors-la-loi faire. Et plus elle y pensait, plus elle réalisait qu'elle ne le regrettait pas. Leur justice était fondée et plus le temps passait plus, elle souhaitait les aider. Bien que cela ne soit pas sans risque. Le passage secret de sa taverne leur restait ouvert et pour l'heure, cela semblait leur suffire.

Légèrement confuse, elle pénétra par la petite porte des artistes vers l'arrière de la maisonnée principale et débarqua dans les cuisines qu'elle connaissait si bien. Elle était toutefois étonnée que personne ne l'arrête et ne l'interroge sur sa présence ici. On aurait pu croire qu'avec les événements de la party Gamwell, les gens se montreraient plus prudents, mais en fin de compte, il semblait qu'on la connaissait déjà bien dans la contrée.

En effet, certains membres des cuisines la reconnurent aussitôt et vinrent la saluer avec sympathie.


_ Ariane ! Quel plaisir de t'revoir après tout c'temps !, s'enthousiasma la cuisinière en chef.
_ Chère Ruth, tu m'as manquée, répondit la tavernière en la serrant dans ses bras. Je s'rai bien venue vous voir plus tôt, mais j'savais pas vraiment comment me comporter depuis la dernière fois, s'excusa-t-elle.
_ Je sais, la rassura la bonne femme. Rien d'étonnant. Mais t'es quand même la bienv'nue dans mes cuisines !! Je suis seule maîtresse ici, plaisanta-t-elle. Tu veux boire que'qu'chose?, s'enquit-elle en l'entraînant dans son antre.

Les gens de la maisonnée allaient bon train, ayant toujours une activité quelconque à faire. Mais visiblement particulièrement aujourd'hui.


_ Le nouveau seigneur est arrivé y a à peine quelques jours, l'informa Ruth. Alors on s'efforce de le satisfaire. C'est c'que le maître Gamwell aurait voulu...
_ On sait pour quand est prévu son retour?, interrogea Ariane qui se souvenait fort bien de sa dernière entrevue avec John.

Il était venu lui remettre en main propre une partie de ce qu'il lui devait encore pour le banquet. La tension y avait été encore plus que palpable et la tavernière avait une nouvelle fois faillit perdre sa virginité de manière peu digne. Heureusement John avait réalisé sa méprise et tout était rentré dans l'ordre. Toutefois une nouvelle rencontre à l'improviste n'était pas nécessairement la bienvenue.


_ Sais pas. Il est en correspondance avec sa sœur Lady Winnifred je crois, mais il fait pas encore mention de son retour parmi nous. S'il a l'intention de r'venir.
_ De quoi bien occuper le nouveau chef des lieux, releva Ariane avec un demi-sourire.

C'était une bonne chose que Louis ait enfin une occupation en ville. Tout comme il était bien pour lui qu'il ait enfin un chez lui. Même si sa présence rassurante et réconfortante à la taverne lui manquait, c'était un bonheur de le savoir installé et heureux. En plus désormais Ariane devait asseoir seule son autorité sur son commerce et depuis son retour, elle était plus que déterminée.


_ C'est vrai qu'il a fort à faire, reconnut Ruth alors qu'elle s'affairait aux préparatifs du repas du soir. Et il était temps que quelqu'un prenne en main Gamwell, le temps que not' seigneur revienne.
_ Tu crois qu'il sera possible de le saluer, demanda Ariane en lui donnant machinalement un coup de main.

Ruth arrêta aussitôt et observa la jeune femme d'un œil inquisiteur.


_ Tu l'connais?
_ Il a loué une chambre chez moi, pendant de nombreux mois. Bien sûr, que j'le connais, sourit la tavernière étonnée de la réaction de son amie.

La cuisinière reprit son activité comme si un grand mystère venait d'être résolu.


_ C'est une bonne chose qu'il connaisse des gens d'la ville comme toi! Ça permet d'étendre nos affaires. Surtout avec les commerces, lui dit-elle avec un clin d’œil.
_ J'pense que l'intendance demande déjà beaucoup d'travail, commenta Ariane en riant. Il prendra le temps de songer à vos affaires d'ici quelques s'maines. Mais tu sais bien que j'tuerais pour tes tourtes. Elles auraient un succès monstre auprès des clients.
_ Ça te donne une excuse.
_ Une excuse?, répéta-t-elle.
_ Pour quérir le seigneur Vifargent.
_ Oh... Je voudrai pas non plus l'embêter, surtout avec ces histoires. Et puis c'est pas toi qui disais qu'il était très occupé.
_ Vrai ! Tu peux toujours attendre. Il va souvent faire un tour à cheval avant d'souper, l'informa Ruth qui semblait déjà avoir bien retenu les habitudes de son nouveau maître.

Voilà qui semblait plus judicieux. Bien qu'Ariane venait exclusivement pour revoir son ami et prendre de ses nouvelles, elle ne voulait pas non plus le mettre dans l'embarras en débarquant sur son nouveau domicile devant des personnes à ses ordres. Surtout en tant qu'ancienne "condamnée". Elle devait donc se faire patience.

Histoire de passer le temps, elle aida Ruth à préparer le repas de soir et s'attela à la tâche avec soin.
Tout compte fait, cela n'avait vraiment rien à voir avec tenir une taverne. Au lieu de préparer des mets pour un nombre de convives inconnus, ici, rien n'était laissé au hasard et l'on cherchait avant tout à servir des plats de grande qualité pour subvenir aux besoins d'un nombre plus limité de personnes aux goûts raffinés.
C'était une toute autre cuisine et Ariane apprit beaucoup de Ruth qui se montrait toujours aussi vive et avenante. Elle était parfaite dans son rôle de maîtresse des cuisines. Ariane était tellement plongée dans son travail qu'elle ne remarqua pas du temps que l'heure tournait.


_ Le maître est sorti à l'instant, informa alors un jeune homme à l'intention de tous. L'est parti aux écuries, j'crois bien.
_ Grand Dieu !  J'n'ai pas pris garde au temps, s'écria Ariane en relevant le nez de son ouvrage et observant le soleil qui déclinait lentement.
_ Va vite, la pria Ruth. Et insiste pour les tourtes, lança-t-elle alors que la jeune femme sortait vivement.
_ J'y compte bien, cria la tavernière en coup de vent.

Se repérant rapidement dans les environs, Ariane se précipita vers les écuries, priant pour que Louis ne soit pas déjà parti. Elle n'avait clairement aucune chance de le retrouver dans les bois. Quelques individus l'observèrent alors qu'elle courait en riant à moitié. Elle devait avoir l'air totalement ridicule.
Lorsque enfin elle aperçut les écuries de Gamwell, elle pressa l'allure, inquiète de louper son ami.
Il aurait mieux valu qu'elle s'inquiète plutôt de sa vitesse.
Le cheval de Louis sortit juste des écuries, alors qu'elle s'y ruait. Elle l'évita d'extrême justesse alors que l'animal cambrait de nervosité. Si Louis parvint à se maintenir en selle avec adresse, Ariane, elle perdit pitoyablement l'équilibre en criant et tomba maladroitement dans une motte de foin.
Surprise et sûrement encore sous le choc, Ariane éclata de rire. Un rire profond venant du cœur à en faire mal aux côtes.


_ Grand Dieu Louis ! Pardon, ria-t-elle. J'voulais pas te tomber dessus comme ça. Je... Désolée.

Encore éprise de fou rire, elle se redressa tant bien que mal et épousseta sa robe. Elle était à présent recouverte de foin et elle préférait ne pas penser à l'état de ses cheveux. Elle se gifla intérieurement de se donner ainsi en spectacle et songea soudainement que la dernière fois qu'elle avait vu Louis, il était en fâcheuse posture et s'était même fait arrêté par sa faute.

Il n'était peut-être pas franchement temps de rire aux éclats. Mais en fin de compte, elle était tellement heureuse de le revoir qu'elle s'en moquait bien.
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Louis Vifargent
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MessageSujet: Re: Prise de fonction à Gamwell. Sam 28 Fév - 19:11

Cela faisait à présent quelques jours que Louis avait prit ses fonctions de maitre d’armes à Gamwell. Bizarrement, son intégration n’avait pas été trop difficile, les gens s’accommodant facilement de sa présence et les dirigeants des différents services de la maisonnée faisant preuve de bonne volonté. Il avait donc eut un rapport détaillé de la cuisinière, des paysans et de la paroisse mais également de la garde.
La cuisinière avait largement assez de quoi nourrir le manoir avec les productions des paysans, ceux-ci travaillant à nouveau normalement et sans heurts. La paroisse avait besoin d’un don mensuel assez mineur pour fonctionner à plein régime et la garde, constituée de mercenaires engagés à leur retour de Terre Sainte, s’était bien intégrée aux villageois, certains ayant déjà prit épouse.
Le domaine se partait bien, même s’il allait surement falloir qu’il fasse les yeux doux auprès des divers envoyés du Shériff pour bénéficier des réductions de taxes. L’état des finances de Gamwell était correct mais il ne supporterait pas une brusque levée d’impôts.

Relevant le nez du courrier en attente de John, qui se constituait pour l’essentiel de doléances mineures de ses gens et de menaces de mort, il regarda par la fenêtre. Le soleil se couchait, cela signifiait donc que le diner serait bientôt prêt. C’était donc également l’heure d’aller s’aérer l’esprit lors d’une ballade à cheval. Se levant avec une grimace de gêne quand à ses cicatrices anciennes ou plus récentes qui le tiraillaient, il descendit lentement jusqu’aux écuries.

Croisant deux ou trois servantes et palefreniers, il les salua d’un sourire, s’efforçant d’être aimable et autoritaire à la fois. Cela devait sans doute changer les petites gens de John qui troussait qui il voulait et s’emportait souvent lorsqu’il était mécontent. Quand à Winnifred… Il ne l’avait vu qu’une fois, brièvement en passant dans le couloir, elle allait au jardin et lui avait seulement adressé un signe de tête poli.
Cette dernière, sans toutefois le détester, semblait se méfier de lui, comme s’il avait été envoyé par son frère pour il ne savait quelle raison. Une chose en tout cas était sûre, il prendrait soin d’elle mais se voyait mal courtiser cette donzelle. Il avait fort à faire ailleurs.

Flattant l’encolure de sa monture préférée, un alezan robuste nommé Ripaille, il sourit doucement, l’air frais et les couchers de soleil paisibles, voilà ce qu’il préférait le plus. Il monta sur le cheval qui souffla doucement, content de sortir, et s’engagea vers la sortie.
Mais ce fut sans compter une jeune femme pressée qui fit sursauter monture et cavalier, le premier se cabrant et le deuxième s’agrippant à ses rennes. Quand la situation fut redevenue stable, Louis se pencha, cherchant à savoir qui avait failli s’écraser sur le poitrail de l’alezan.

Quand la demoiselle se redressa, il resta bouche bée. Cadfaël ne lui avait pas dit que ses racines pouvaient occasionner des hallucinations… Et encore moins des qui parlaient et riaient ! Ouvrant de grands yeux quand il comprit que la vraie Ariane se tenait devant lui à babiller comme avant, il mit pied à terre et sans un mot prit la jeune femme dans ses bras.
Ce fut une étreinte forte mais brève, juste histoire d’être certain qu’elle n’allait pas s’envoler. Puis son cerveau se remit en route et il sourit, de cette manière, mi-amusée, mi-séductrice qui n’appartenait qu’à lui. Finalement il lâcha un petit rire tout content avant de répondre joyeusement :


« Il y a des choses qui ne changent pas ! Toujours aussi bavarde… Mais comme je suis content que tu sois revenue. Je pensais que tu en avais eu marre de Nottingham… D’un autre côté je te comprends ! Les geôles ne sont pas des plus accueillantes ! »

Il lui fit un clin d’œil, se souvenant, soulagé, qu’il avait évité le pire. Glissant doucement un bras sous celui d’Ariane et tenant les rênes de Ripaille de l’autre main, bien décidé à marcher un peu. L’entrainant lentement vers la forêt, il n’osait la regarder, craignant sans doute qu’elle ne disparaisse.
Finalement, il toussota avant de s’excuser :


« Je suis navré d’avoir déserté ta taverne mais avec le départ de John, j’étais quasiment obligé de venir ici. Je ne pouvais pas laisser le domaine de mon ami partir en eau de boudin. En plus… Je suis nourrit, blanchit et logé gratuitement ici ! Bien que parfois je me sente un peu seul… »

Secouant la tête, il reprit son sourire. Il ne fallait pas qu’il gâche leurs retrouvailles en se plaignant de son sort que beaucoup lui envieraient ! Puis il se souvint que John n’avait toujours pas honoré sa dette auprès de la jeune femme quand à la fête qu’elle avait organisé et qui avait fini en punition pour trahison… Il faudrait qu’il songe à effacer cette ardoise avant qu’elle ne reparte.
Tentant de garder une atmosphère légère, il demanda alors, curieux :


« Alors dis-moi, où as-tu fait ta petite escapade de ces dernières semaines ? »

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Ariane Caldin
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MessageSujet: Re: Prise de fonction à Gamwell. Lun 2 Mar - 17:30

Une fois que Louis fut à terre, l'évidence lui sauta aux yeux.
Le jeune homme avait affreusement maigri. Pire, il semblait épuisé. Que diable pouvait-il lui arriver? Son séjour aux geôles avait-il été si pénible? Stanley avait-il eu le temps de s'abaisser à ses basses passions?
Tant de questions qu’Ariane aurait aimé poser au jeune homme dans la minute. Mais la tavernière sentait trop les regards posés sur eux, non méfiants, mais pleins de curiosité. A la vue de tous ainsi, elle ne pouvait pas se permettre de se montrer trop familière avec le nouveau seigneur de Gamwell qu'était Louis.
Et ce, malgré son inquiétude.

Pourtant le jeune homme lui ne se posa même pas la question. Lorsqu’il réalisa que c’était elle,  il la serra dans ses bras avec affection et Ariane sentit un immense poids s’évader de sa poitrine. Elle devait bien l’admettre, elle avait craint que le jeune homme ne lui reproche sa disparition et même son emprisonnement. Mais de toute évidence, ce n’était pas le cas et la jeune femme se sentait considérablement soulagée.

Elle rit d’autant plus à sa boutade et se laissa docilement guider vers la forêt, juste heureuse de retrouver son ami. Il lui avait manqué et bien qu’elle le sache sorti d’affaire, elle s’était fait du souci pour lui. C’est seulement face à lui qu’elle réalisait ô combien elle s’en était fait.
Mais l’épisode des geôles ne semblait pas avoir traumatisé le jeune homme. Encore mieux, il en plaisantait. Les hors-la-loi l’avaient sauvé du pire. Ariane ignorait si Louis savait qu’elle leur en avait fait la demande, mais préféra ne faire aucun commentaire. Elle avait une totale confiance en Louis, mais elle ne voulait pas l’impliquer plus qu’elle ne l’avait déjà fait.
A présent, il avait tout un ensemble de personnes sous sa tutelle et elle ne pouvait plus se permettre de se montrer aussi égoïste avec lui. Il fallait qu’elle le laisse quitter son univers, bien que sa présence à la taverne lui manque plus que tout.


_ Louis ! Tu n’as pas à t’excuser, ria la tavernière. Je suis tellement heureuse que tu ais trouvé un chez toi. Et une utilité où tu peux te complaire. Et puis, rien ne t’empêche de venir nous rendre visite à la taverne lorsque tu auras des affaires en ville.

Elle lui adressa un grand sourire confiant.
Bien qu’il semble fatigué, son ami avait l’air toutefois heureux d’être ici. Gamwell était d’une grande beauté et le village semblait se porter à merveille, ce malgré l’absence de John. Louis devait effectuer sa tâche avec tout le sérieux et la rigueur que pouvait exiger son nouveau poste. Ariane était certaine qu’il s’y plaisait. Sa solitude s’apaiserait au fur et à mesure qu’il se lierait aux habitants.

_ Je suis retournée chez moi, avoua-t-elle lorsqu’il lui demanda où elle était passée. Enfin, dans l’orphelinat où j’ai grandi. Comme un besoin de retourner aux sources.

Ariane se détourna de son ami avec un sourire timide, comme si elle avouait une faute. Et dans le fond c’était bien le cas.

_ Je suis désolée d’être partie sans prévenir. J’aurais dû te faire savoir que tout allait bien, mais j’avais peur des représailles de Stanley. Surtout en sachant que tu lui avais échappé. Je me suis dit qu’avec mon absence, les choses se tasseraient.

Elle releva les yeux vers lui avec soulagement.

_ Je suis heureuse que tu n’ais rien, murmura-t-elle.

Espérant ne pas avoir troublé le jeune homme avec ses confidences, Ariane reprit sur un ton plus joyeux.

_ Enfin, tu n’imagines pas ma joie lorsque Edara m’a appris que tu étais installé à Gamwell. Ils ont une chance incroyable de t’avoir ! J’en suis presque jalouse, ria-t-elle.
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Louis Vifargent
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MessageSujet: Re: Prise de fonction à Gamwell. Sam 14 Mar - 11:31

Louis était heureux à l’instant. Il se demanda s’il n’était pas justement le plus heureux des hommes. Il avait trouvé une place où il était utile, mangeait à sa fin et voyait le retour d’une Ariane en pleine forme. Souriant béatement, il continua de marcher lentement, prenant le sentier habituel de sa promenade.
L’air du soir était frais et les rayons du soleil déclinant étaient dotés d'un charme absolu. Le décor était doux et paisible, comme le cœur du chevalier à cet instant.

Il opina du chef quand elle lui annonça que sa venue était toujours appréciée à la taverne et il se promit d’y passer aussi souvent qu’il le pourrait, affaires en ville ou non. Après tout, il avait un cheval attitré qui lui permettrait de raccourcir le trajet sans soucis. Et puis au fond, elle avait beau le rassurer, il s’en voulait tout de même de n’avoir pas su l’attendre.

Quand elle répondit à sa question il sourit. Lui aussi comprenait parfaitement son choix. Evidemment, en ces temps de soucis, et avec tout ce qu’elle avait subi, il comprenait tout à fait qu’elle soit partie prendre l’air un moment. Au final quand il y réfléchissait, il se rendait compte que son absence n’avait pas été si longue que ça. Sur le moment, il lui en avait voulu de ne pas l’avoir prévenu. Mais d’un autre côté, n’aurait-il pas été tenté de la suivre ? Ou de la faire revenir plus vite ?
Il se trouva alors incroyablement égoïste et se sentit soulagé qu’au final, elle soit partie sans le lui dire. Il fallait qu’elle fasse une vraie coupure et elle avait eu parfaitement raison. Il la rassura alors sur un ton léger :


« Je vais être honnête, au début quand j’ai su que tu étais partie sans même me dire où, je t’en ai voulu, je me suis dit que tu t’en fichais de moi et que du coup, je n’avais qu’à partir moi aussi. Mais finalement… Je comprends mieux pourquoi tu es partie aussi vite. Si j’avais su où tu te cachais, je n’aurais sans doute pas résisté à la tentation de venir te voir et tu n’aurais pas vraiment soufflé. Au final, je suis content que tu ne me l’ai pas dit. C’était mieux. »

Souriant largement, il conclut son monologue de façon élégante, vraiment sincère. Il devait bien avouer que cesser de penser à la tavernière deux minutes lui avait permit de faire le tri dans ses idées et ses sentiments. C’était donc bien grâce à son petit retour aux sources qu’elle lui avait permis de venir s’installer ici et de trouver une vraie mission ainsi qu’un apaisement de l’esprit qui lui avait fait défaut depuis longtemps.

Quand elle lui murmura sa joie de le savoir en relativement bonne santé, il détourna le regard, gêné. Elle ne lui avait jamais parlé comme ça, avec autant de sentiments. Mais il ne voulait pas se méprendre et avoir de faux espoirs. Elle s’inquiétait pour lui, c’était normal puisqu’ils étaient amis. Et puis il avait échappé de peu à une séance de torture dans les règles… Opinant, il profita de son changement de sujet pour reprendre un peu d’aplomb.


« Et bien je ne sais pas s’ils ont de la chance, mais je fais de mon mieux. En fait… Je pense que je suis moi-même le souffre-douleur de Ruth, la cuisinière. Elle trouve que je suis pâle et insiste à chaque fois pour que je finisse tous mes plats… Ma vie est un véritable enfer gustatif. »

Se plaignit-il de façon comique. Il était vrai que sa maladie toute récente, une saleté qu’il avait du attraper dans les geôles, l’avait rendu plus maigre et chétif qu’il ne l’avait jamais été, sauf peut-être en Terre Sainte. Manger lui donnait envie de vomir, il avait l’impression de ne jamais avoir faim, et ses maux de tête ne le lâchaient pas. Heureusement que Cadfaël lui avait donné de quoi traiter tout ça.
Et grâce à la surveillance sans faille de la cuisinière en chef, il avait commencé à reprendre du poil de la bête mais également du plaisir à manger. Depuis la veille, il avait même de nouveau faim. Il était selon lui en bonne voie de guérison.


« Euh rassure-moi… Tu ne vas pas lui dire hein ? Sinon elle va m’obliger à manger encore plus. Encore heureux que ses plats sont délicieux. Et ses tourtes… Un vrai délice. Tu en as déjà mangé ? Si non, je t’invite à manger avec moi ce soir, c’est une occasion unique ! Un véritable honneur que je te fais, bien entendu. »

Sourit-il de façon faussement magnanime. Il voulait en réalité garder la tavernière pour lui tout seul encore un peu.

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Ariane Caldin
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MessageSujet: Re: Prise de fonction à Gamwell. Dim 10 Mai - 23:10

_ Ne te sous-estime pas. Bien sûr qu’ils ont de la chance.

A ce moment précis, Ariane crut revoir le Louis maladroit et timide qui était rentré dans sa taverne le premier jour de leur rencontre. Il était toujours là, enfoui sous un nouveau Louis, plus confiants, plus affirmé. Mais plus mystérieux. Plus pensif. La jeune femme aurait bien aimé lui ôter ses doutes mais elle n’en possédait pas le pouvoir. Aussi devait-elle simplement se contenter d’être là.

Mais peut-être que sa venue l’apaisait après tout. Le jeune homme débordait de bonne humeur et se plaignit des « mauvais traitements » de Ruth. La tavernière ria intérieurement, imaginant parfaitement son amie dans le rôle de bourreau bienveillant, forçant Louis à avaler tout ce qu’elle lui cuisinait. Elle songea à l’immense repas qu’elles lui avaient concocté et lui sourit pleine de malice.


_ Il est vrai que c’est bien son genre. Mon pauvre Louis, forcé de te nourrir. Une vraie plaie !

Il était tellement agréable de rire, sans se soucier de rien.
Le jeune homme la suivit dans sa bonne humeur et s’inquiéta faussement en songeant deux minutes au fait qu’elle pouvait tout révéler à sa tortionnaire culinaire. Ariane lui sourit de plus bel.
Qui sait, peut-être qu’elle vendrait la mèche…

Il lui proposa alors de rester dîner. L’espace d’une seconde, la tavernière hésita. Passer plus de temps avec lui était un luxe dont elle souhaitait abuser. Cependant, Edara se trouvait seule à l’auberge. Il ne s’agissait pas d’un manque de confiance, mais plus de culpabilité. Ariane était revenue depuis tout juste, deux jours après un bon mois d’absence et plutôt que de s’atteler à sa tâche, elle se précipitait auprès de ses proches. Quelle égoïste !
Sans compter que connaissant toute la maisonnée et ayant cuisinée des heures durant avec les bonnes gens de Gamwell, elle doutait que sa présence à la table d’honneur soit bien perçue. Surtout une pauvre tavernière qui avait été accusée et châtiée sur la place publique de ce même village…

Oui, la tavernière hésita deux secondes peut-être, mais opta rapidement pour le choix qui lui semblait le plus judicieux.


_ J’aurais adoré, mais Edara risque de me tuer si je m’absente encore plus longtemps. Et puis avec la nuit tombant, je ne voudrai pas rentrer trop tard de toute façon. Peut-être une prochaine fois.

Louis débutait tout juste ici. Il ne fallait pas qu’il se discrédite en invitant la personne que Lord Gamwell avait condamnée. La prochaine fois ne se ferait pas de sitôt.

_ D’ailleurs, temps que tu parles de tarte, je voulais justement te toucher deux mots à ce sujet, poursuivit Ariane en changeant de sujet et en espérant secrètement que Louis ne prenne pas mal son refus. Il est vrai qu’elles sont délicieuses. Un vrai don du ciel même. Les clients de ma taverne en seraient fous, j’en suis certaine. C’est pourquoi, je voulais te faire une proposition. Des plus professionnelles. Bénéfique pour l’un comme pour l’autre.

Alors qu’ils regagnaient lentement Gamwell en poursuivant leur balade dans les bois avoisinants, la tavernière s’appliqua à lui exposer les avantages que leur offrirait une collaboration entre la taverne et sa cuisinière. Ariane ferait venir Ruth un jour par semaine pour préparer ses merveilleuses tartes à la taverne. Et la journée finie, Louis et elle se partagerait les recettes gagnées sur ces dernières.

_ Je suis certaine qu’elles auraient un succès fou et cela te permettra de remplir les caisses de Gamwell avec un travail journalier sans pour autant te défaire de la diabolique Ruth. Qu’en dis-tu ?

Le village apparut soudain devant leurs yeux et ils rejoignirent rapidement les écuries où Louis se chargea de chouchouter son cheval alors qu’Ariane caressait doucement la tête de l’animal en l’observant faire.

La jeune femme devait partir, elle le savait. Pourtant, la joie de revoir Louis la retenait ici. Elle n’était pas certaine de vouloir rentrer. Son cœur accéléra à cette pensée et elle se résolut à l’ignorer alors qu’elle s’éclaircissait la gorge pour dissimuler son trouble.


_ Bien. On en rediscutera à une autre occasion si tu veux prendre du temps pour réfléchir. Tu sais où me trouver. Salue Ruth de ma part surtout.

Puis sans vraiment y réfléchir, elle se blottit dans ses bras pour lui dire au revoir. Elle y était bien et cette sensation de sécurité et de confort lui avait manqué. Tâchant de ne pas faire durer l’instant trop longtemps pour ne pas qu’il sente son cœur carburer à toute allure, elle recula et lui offrit un sourire malicieux.

_ Louis Vifargent, c’était un réel plaisir de vous revoir.

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Louis Vifargent
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MessageSujet: Re: Prise de fonction à Gamwell. Mer 1 Juil - 16:36

Louis n’avait pas pensé que sa proposition serait refusée. Mais il ne fut pas vexé simplement… Surprit. Regardant la tavernière, il tenta de lire dans son regard quelques réponses… Sans en trouver vraiment. Faisant la moue, il s’apprêtait à tenter de la convaincre mais Ariane fut plus rapide et elle changea de sujet.

L’écoutant tandis qu’elle exposait son marché, il reprit un visage sérieux, celui qu’il affichait quand ses nouveaux serviteurs venaient lui parler de leurs doléances. Son regard intelligent vrillé sur les prunelles d’Ariane, il avait une expression bienveillante mais ferme tandis qu’il pesait sérieusement le pour et le contre.
Sa décision fut rapidement prise. Il n’y avait pas beaucoup de contres en réalité. La seule chose qui aurait motivé un refus aurait seulement été dans le but d’ennuyer la tavernière. Heureusement pour eux deux, Louis était tellement content de revoir la jeune femme qu’il laissa à peine deux secondes de silence, n’ayant pas le moins du monde écouté le reste des ses mots alors qu’elle tentait de prendre congé, avant de se fendre d’un sourire et de répondre avec enthousiasme :


« De mon côté je n’y vois aucun inconvénient. Si ça peut t’aider à finir tes fins de mois et que Ruth est d’accord, pourquoi pas ! Allons lui parler, lui demander son accord et quel jour l’arrange le mieux. »

Et sans se faire prier, il entraina la demoiselle jusqu’aux cuisines. Il ignora volontairement les paroles d’Ariane et ses éventuelles protestations et sourit d’un air malicieux en l’entrainant. Ils arrivèrent bientôt dans la grande pièce remplie de mets, d’un grand feu et de Ruth qui ordonnait fermement à tel commis d’aller chercher de l’eau, à telle servante de s’appliquer dans la cuisson d’un poulet…
Quand les deux jeunes gens arrivèrent, Louis ayant prit soin de lâcher les épaules d’Ariane quelques secondes avant d’entrer, bien conscient que son nouveau rôle l’éloignait socialement de la demoiselle, tous le monde se leva, interrompant son travail.

Louis leur fit un petit signe de la main et ils s’inclinèrent, reprenant leur boulot. Un second signe de la main et Ruth s’approcha, le regard interrogateur et malicieux. Jetant un coup d’œil appuyé à Ariane, la bonne femme s’essuyait les mains sur son tablier, attendant que Louis prenne la parole, ce qui ne tarda pas.


« Ruth, je suppose que tu connais Ariane ? Bien. Elle m’a parlé d’un petit accord commercial mettant en jeu des tourtes que tout le monde connait. De mon point de vue, je n’ai aucune raison de refuser cet arrangement mais je voulais te demander ton avis avant de m’engager dans quoi que ce soit. Serais-tu prête à aller à la taverne d’Ariane une fois par semaine pour régaler ses clients de tes délices ?
–Pour sûr monseigneur ! On en a parlé pas plus tard que tout à l’heure et j’suis bien d’accord !
–Très bien. Quel jour t’arrangerait le plus pour y aller ?
–Bin ma foi… J’dirais le mercredi ! C’est l’jour où vous allez à Edwinstowe pour entrainer les bucherons. J’ai pas de travail.
–Parfait. Ariane, si ce jour te convient, je vais mettre tout ça sur papier et je te le ferais porter dans les prochains jours pour que tu le signes. De cette façon, ce sera officiel. Je ne veux prendre aucun risque.


Louis pouvait paraitre un peu lourd avec cette décision mais il ne voulait rien laisser au hasard. Quand John reviendrait, il faudrait que tout soit noté, qu’il n’ai aucun doute sur ce qui avait été fait pour prendre soin de Gamwell.

Ressortant de la cuisine, il se dirigea vers le hall du manoir et s’inclina légèrement devant Ariane. Puis il pensa à quelque chose. Claquant des doigts, il se tourna vers la demoiselle et lui intima fermement :


« Restes-là. J’ai quelque chose à te donner. Ca traine depuis trop longtemps. Je reviens dans trente secondes. »

Et il grimpa les marches de l’escalier en bois massif qui trônait au milieu de la pièce à toute vitesse. L’effort le fatigua à cause de sa maladie mais il serra les dents et continua sa route. Se dirigeant d’un pas vif vers le bureau du maitre de maison, il farfouilla un instant dans ses documents et tira la bourse contenant la seconde partie du paiement pour la petite sauterie de Gamwell qui avait mal tourné et dont Ariane avait payé de son sang la faute.

La fixant un instant, il prit le temps de noter dans le livre de comptes encore ouvert « payé » dans la marge à côté de l’inscription nommée « fête d’intronisation ».
Puis il referma avec soin la pièce, la fermant avec l’unique clé qu’il possédait désormais autour du coup et redescendit avec précipitation, manquant de se casser une jambe.


« Tiens ! C’est la seconde partie du paiement pour la fête de John… Je crois qu’il ne te l’avait jamais donnée. Je n’aime pas que les choses trainent et tu n’as pas besoin d’une dette supplémentaire. J’espère que je ne me suis pas trompé dans le compte et qu’il ne manque rien. »

Souriant, satisfait, il lui mit presque la bourse de force dans la main, signifiant par là qu’un refus ne serait pas toléré. Puis il héla une servante et lui demanda de lui envoyer un soldat. La nuit tombait et il n’était pas serein à l’idée que la jeune femme rentre seule et à pieds.
Comme un jeune homme au visage sérieux entra, il s’approcha avec Ariane et lui demanda très sérieusement :


« Prends deux chevaux, un pour toi et un pour mon invitée. Ensuite tu la raccompagne jusqu’à son établissement. Je précise, jusque devant, ne t’arrête pas à l’entrée de la ville. Et si tu ne peux plus rentrer à cause du couvre-feu, prends une chambre chez elle pour passer la nuit. Voilà de quoi te payer une chambre. Compris ? »

Le jeune homme hocha la tête avec force, signifiant sa bonne volonté, récupéra les pièces que lui tendait Louis et s’inclina sèchement devant la tavernière avant de lui indiquer la sortie d’un mouvement de bras courtois.
Le maitre d’arme quand à lui sourit, rassuré, à la jeune femme et lui fit un au revoir de la main. Patientant jusqu’à ce qu’elle soit partie, il soupira discrètement quand elle fut hors de vue et passa lentement dans la salle à manger où son repas l’attendait.

S’attablant, il entama sa soupe de petits pois qu’il ingéra avec prudence, buvant de temps à autre l’infusion infecte que lui avait conseillée Cadfaël. Songeant au fait incroyable qu’Ariane était de retour, il sourit doucement et en trouva le courage de manger une assiette de poulet rôti et de pommes de terre en sauce.

Décidément la journée avait été pleine de bonnes surprises. Songea-t-il en terminant sa part de gâteau au miel. Il ne lui restait plus qu’à coucher sur le papier l’engagement qu’il avait décidé avant de l’oublier et il pourrait aller se coucher, l’esprit heureux et le ventre plein. Que demander de plus ?

[HRP : terminé pour moi Wink tu peux répondre ici ou t’abstenir, comme tu veux !]

Arrow La Forêt de Sherwood > Edwinstowe

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Le plus grand effort de l'amitié n'est pas de montrer nos défauts à un ami, c'est de lui faire voir les siens.
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Dernière édition par Louis Vifargent le Mer 22 Juil - 6:50, édité 1 fois
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Ariane Caldin
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MessageSujet: Re: Prise de fonction à Gamwell. Lun 13 Juil - 14:39

Malgré ses maigres tentatives pour prendre congé, le jeune homme ne lui laissa pas le loisir de s'éclipser. Il déborda d'enthousiasme mais préféra tout de même en parler d'abord directement à la première concernée. Si Ariane crut qu'il allait s’entretenir tranquillement avec sa chef cuisinière, elle se trompait royalement. Il comptait en parler dès maintenant.
Aussi l'entraina-t-il à sa suite en direction des cuisines de son domaine.


_ Louis, attends, ria Ariane en essayant tant bien que mal de se libérer de sa poigne. Tu as à peine réfléchi à ma proposition. Je ne veux pas que tu acceptes sous prétexte que c'est un gage d'amitié !

Mais visiblement il ne servait à rien de débattre, Louis avait déjà pris sa décision et très rapidement la chaleur et les odeurs appétissantes des cuisines les entourèrent avec bienveillance. A leur entrée, toute activité s’interrompit et tous saluèrent le nouveau venu qui était leur seigneur. D'un simple geste de la main, Louis leur fit reprendre leur travail et Ariane crut se revoir quelques mois plus tôt, alors qu'elle agissait de la sorte avec John of Gamwell.

Louis n'était plus son client habituel, blagueur et rieur. Il se situait à présent dans ce vaste milieu des gens au-dessus qui prenaient à cœur de diriger et subvenir aux besoins de leurs gens. La tavernière savait aux regards que lançait la maisonnée sur lui, qu'il était apprécié. Son autorité n'en serait que plus respectée.

La jeune femme nota avec quelle malice Ruth l'observait alors qu'elle les rejoignait sous le signe de son maitre. Elle appuyait sur elle un regard plein de sous-entendus et Ariane haussa les épaules d'un air innocent. A vrai dire, Ruth ne semblait même pas surprise de la rapidité et de l'efficacité avec laquelle la jeune femme avait amené le sujet avec son maitre.
D'ailleurs, un bref échange leur suffit pour se mette d'accord sur les points essentiels d'un tel engagement. Louis insista pour qu'une clause papier soit dûment remplie et signée afin de protéger les deux parties. Ariane n'y voyait aucun inconvénient et s'impatientait de voir Ruth venir travailler et exercer de ses mains habiles dans sa modeste taverne. Elle avait encore beaucoup à apprendre et son amie saurait lui enseigner encore plein de choses.

Alors que la jeune femme voyait son départ approché, Louis lui réserva une ultime surprise avant de le quitter.
Se sauvant in extremis d'une belle cascade dans les escaliers, le jeune homme lui tendit fièrement son dû dans une petite bourse de cuir. Stupéfaite, Ariane n'eut pas vraiment d'autre possibilité que de l'accepter puisque Louis le lui enfonça dans les mains avec force.
Dis donc c'est qu'il prenait goût à l'autorité celui-là, songea-t-elle en souriant. Elle retint une petite remarque taquine, ne voulant pas le mettre mal à l'aise devant les autres mais se promit de le lui faire remarquer dès qu'ils se verraient à nouveau.


_ Merci. Le compte est bon, oui, répondit-elle simplement en prenant une voix ni trop formelle, ni trop familière.

Visiblement satisfait, Louis n'en avait toutefois pas encore fini. Sûrement inquiété par l'heure tardive, il fit quérir un soldat qu'il chargea d'accompagner Ariane jusqu'à chez elle et lui fournit tous les éléments qui pourraient lui être utiles. La jeune femme fut secrètement soulagée et s'inclina vivement devant Louis en le remerciant d'un gracieux et franc sourire. Elle suivit donc le soldat qui lui indiqua la route formellement et se retourna avant de passer le pas de la porte pour adresser un petit signe de la main à son ami. Ariane rayonnait d'avoir revu son ami après ces quelques semaines passées loin de tout.

Pourtant, elle sentait que cette nouvelle situation sociale allait les éloigner l'un de l'autre, malgré leurs bonnes volontés. Elle ne pouvait toutefois pas en vouloir à Louis de s'élever de rang. Il lui faudrait faire preuve de patience et de compréhension pour le laisser ainsi loin d'elle.


_ Voici Myosotis, lui dit le jeune homme du nom d’Oliver. Elle est plutôt tendre et peu craintive.

Il lui présentait une belle petite jument grise à l’allure pataude et courte sur patte. Parfaite pour Ariane.
Elle remercia le jeune homme et, une fois prêts, ils quittèrent les lieux sans un regard en arrière. Le chemin du retour se fit dans un silence morne et aucun d’entre eux ne desserra les lèvres pour parler. La jeune femme avait bien senti une certaine froideur chez le jeune soldat, mais elle préférait ne pas attiser le feu de sa colère quelle qu’elle soit et se contentait d’observer les environs en cheminant vers Nottingham.

Elle songeait à Louis qui devait s’être attablé à présent et devait profiter d’un délicieux met dont Ruth et son équipe avaient le secret. Plusieurs fois, elle se demanda comment les choses se seraient déroulées si elle était restée diner avec lui. Mais vue l’attitude de son compagnon de route, la jeune femme avait résolument prit la bonne décision. Son altercation avec John était encore récente et fraiche dans les mémoires. Si certains avaient acceptés sa dette comme payée et étaient passés outre, d’autres comme Oliver, semblaient penser que le mal restait impuni.

Finalement, ils chevauchèrent rapidement car ils furent bientôt devant les écuries de la taverne et le couvre-feu n’avait pas encore été levé. Pas de nouvelle chambre à préparer pour ce soir.
Oliver la salua poliment et sans plus de cérémonie prit le chemin du retour avec les deux chevaux. Ariane resta un court instant sur le seuil pour l’observer s’éloigner. Songeant silencieusement aux malheurs qui avaient percé sur Gamwell entre l’attaque des hors-la-loi et le départ du seigneur Gamwell. Non vraiment, l’arrivée de Louis était une bonne chose pour ce domaine. Et bien que la taverne soit bien  remplie lorsqu’elle y pénétra, Ariane la trouva bien terne sans la présence de son fidèle Louis au comptoir.


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Prise de fonction à Gamwell.

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